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Fafa et Bernard en Afrique

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Nous vous l'avions annoncé, nous avons beaucoup hésité ... nous voilà partis! Enfin pas tout à fait mais presque puisque nous partons demain matin...!

Nous avons cependant décidé de communiquer différemment cette année, car en cette période compliquée sur cette zone sensible, le moins on en met sur la toile, le mieux c'est... 

Nous allons donc communiquer au travers d'e-mails tout simplement que Marion, la fille de Fafa transférera à chacun de vous par l'intermédiaire d'une mailing list. Pour vous de la famille et amis qui souhaitez recevoir ces messages, passez nous un e-mail (à l'un ou à l'autre) et nous rajouterons votre adresse sur la liste. Vous pourrez bien entendu nous répondre par mail, c'est toujours agréable d'avoir quelques nouvelles...

Désolés, ce sera un peu moins sympa, mais il y aura quand même le max de commentaires et de photos!

Retour fin mars ... 

D'ici là, bonne année à tous et bon courage pour cet hiver

Bernard et Fafa

Tags associés : depart, vers, afrique

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Jeudi 06 Janvier 2011Poster un commentaire

B : Dimanche 29 : Il pleut, le ciel est tout noir, nous restons au lit à flemmarder, il va falloir tuer le temps aujourd’hui ; nous envisageons même d’aller au cinéma … Mais avant tout le cyber pour vous donner des nouvelles. En fait, comme nous n’arrivons pas à trouver de cyber avec Firefox, le plus simple est de trouver des connections en Wifi avec notre propre ordi ce que nous faisons depuis déjà plusieurs semaines. En afrique noire c’était simple, il suffisait de se garer devant un cyber qui en général lui-même taxait le wifi d’une boite ou d’un hôtel à côté. Ici c’est plus dur les connexions sont protégées ou trop faibles et nous tournons sous la pluie dans toute la ville pendant 2 heures. Après 5 ou 6 tentatives qui n’avaient pas un signal suffisant pour passer les photos, nous finissons par trouver une bonne connexion entre le palace Casino et le Sofitel. Nous garons notre Toy déguelasse avec les cantines et le four sur le toit derrière une Porshe Caïman (je ne savais même pas que cela existait) et 2 Porshes Cayenne… Alors que nous alimentons tranquillement le blog sous une pluie battante et la protection de la Police garée à côté, Marie et Vincent nous appellent sur Skype depuis New York, nous parlons ensemble un quart d’heure tout en les voyant sur l’écran en pleine(s) forme(s) dans leur appartement au petit matin … Assez anachronique et super sympa ! Nous trainons un peu dans la ville entre deux averses et retour camping pour ragout de petits pois au chaud (mais à l'étroit) dans la voiture.

 

B : Lundi 30 : Temps maussade mais il ne pleut pas. Nous avons RV avec notre petit mécano sur le parking du Mac Do. En deux secondes il a vu ce qui clochait sur Totoy, nous lui laissons la voiture pour la journée. Destination les jardins Majorelle toujours aussi magiques mais archi bondés de touristes, déjeuner sur la place et avec un demi kg de fraises acheté 0,50 €uro ! L’après midi au calme dans un café littéraire installé dans un ancien palais rénové dans la vieille ville ; sieste au soleil sur la terrasse pour Fafa, bon bouquin pour moi en bas du ryad. Nous récupérons Totoy en pleine forme, avec un bon graissage et des injecteurs recalibrés.

 

B : Mardi 31 : Route sans problème vers Fès entre Atlas magnifiquement enneigé et Moyen Atlas dans un décor de champs de blé d’une incroyable verdeur, saupoudrés d’éclatants coquelicots et parfois même envahis de Reine Marguerites jaunes pales au cœur tout jaune. La région est très riche avec en plus du blé ses oliviers et ses vergers. Arrivés à Khénifra nous quittons la nationale pour nous élever dans la montagne du Moyen Atlas à la recherche des forêts de cèdres. Nous arrivons au lac Aguelmane Aziza dont je gardais un souvenir ému depuis mon premier voyage en 1974 ! Le lac a bien diminué mais reste aussi beau, enchâssé dans les forêts encore un peu enneigées.

Un grand troupeau de brebis pâture sur la gauche de la route. Alors que je contourne avec précaution un petit agneau de quelques jours endormi sur le bord du chemin, celui-ci prend peur et se jette sous les roues arrières : écrasé net ! Le berger arrive affolé, grand jeu de comedia del arte, comme si j’avais anéanti le troupeau. Il refuse mon indemnisation et se jette devant la voiture, armé d’une pioche pour nous empêcher de partir. Je lance une grande marche arrière pour m’arracher de ce mauvais pas mais la roue arrière tombe jusqu’à l’essieu dans un regard bétonné d’évacuation des eaux. Totoy est bloqué et il faut le sortir de là vite et par nos propres moyens car nous sommes en pleine montagne et que la nuit ne va pas tarder à tomber. Le berger vocifère toujours, exigeant 100 euros de dédommagement et un petit groupe s’est déjà constitué. Avec le cric et des pierres nous parvenons à remettre le toy sur ses roues. Pendant ce temps un marocain sympa et très fin, qui a fait ses études à Montpellier, a compris la difficulté de la situation et joue le négociateur. Après une bonne heure de tergiversation il parvient à un demi accord dans lequel Fafa cède une veste d’hiver et quelques menue fanfreluches en complément du prix raisonnable que nous proposions et nous partons assez vite sans demander notre reste. Mauvais moment mais cela aurait pu être beaucoup plus difficile… A la nuit tombante nous poursuivons notre route mais celle-ci monte, la neige apparaît sur les bords et l’endroit n’est pas très engageant pour dormir seuls. Nous finissons par demander asile à un gardien d’un chantier d’école sur un plateau à 1700 mètres d’altitude au milieu des briques et des parpaings…

 

 

B : Mercredi 1er avril : Nous quittons notre chantier au lever du soleil pour petit déjeuner en pleine montagne à près de 2000 mètres au beau milieu d’un grand champ de neige. La matinée est tellement belle au milieu de ces extraordinaires forêts de cèdres sous la neige que nous nous installons au soleil au milieu de cette nature de très grande beauté et virginité. Nous ne verrons pas les singes qui habitent ces forêts par contre un très beau renard qui revient après avoir détalé pour nous observer derrière une butte de neige. Déjeuner dans la neige, Fafa veut même tenter la luge avec les plaques de désensablage ou le sac Ikea, mais nous n’avons pas les bonnes chaussures et nos tennis emmaillotés dans des sacs poubelles commencent à prendre l’eau. Descente à regrets sur Fès sur une route de plus de 60 km pavoisée tous les 100 m en l’honneur du prochain passage du roi. Toujours le même enchantement dans cette ville si sympa. Fafa est conquise. Dans les embouteillages de la ville un marocain cherche à nous serrer, pour nous accrocher ? Après une tentative infructueuse il y parvient et vient nous cogner sur le côté. Il s’arrête en plein milieu en vociférant… Ca ne va pas recommencer ! Je me dégage et me gare. Le marocain gueule, l’attroupement se forme, le flic qui fait la circulation me dit d’aller chercher mes papiers… Nous voilà encore mal barrés ! Un jeune sympa me dit. « Ne t’ennuie pas, il n’y a aucun problème, passe la marche avant et tire toi vite » ce que je décide de faire en accord avec Fafa. Après tout, il n’y a pas de raison que je ma fasse avoir et que je tombe dans le panneau ! Je ne sais pas si ce sont des pratiques courantes mais je pense très certainement qu’il cherchait la bonne poire de touriste qui allait aligner un billet en euro pour ne pas être emm… En attendant Totoy n’a absolument rien et lui, il doit avoir un bon souvenir de nous ! Nous cherchons le camping de nuit, les indications du guide nous disent de prendre l’autoroute de Rabat et de sortir 5 km après, à la première sortie, mais voila, en fait la première sortie est Meknes, 50 km plus loin, où nous avons donc échoué ce soir. Ne riez pas, la même mésaventure m’était déjà arrivée il y a deux ans avec le même guide !

 

B : Jeudi 2 : Nous essayons de visiter le grenier et les écuries royales mais fermé pour cause de travaux. La ville est par ailleurs en ébullition en attente de la visite du roi pour l’inauguration du SIAM, pas le même que chez nous mais presque, le salon de l’agriculture. Retour à Fès où le Roi est sur le point d’arriver et les avenues commencent à être fermées. C’est donc toute la région de Fès, Meknes, Ifrane qui est mobilisée pour cette visite royale, des dizaines de milliers de drapeaux, des milliers de policiers, des centaines de kilomètres de trottoirs et de lignes blanches repeintes, des kilomètres de barrières installées dans les villages, des centaines de portraits majuscules du roi affichés, les ampoules de lampadaire changées, les parterres fleuris …étonnant … ! Nous fuyons la ville avant d’être bloqués et prenons la route du nord (bien entendu …) mais vers le nord est et non pas le nord ouest, voulant faire un dernier petit détour par la côte méditerranéenne avant de rentrer …Nous nous arrêtons une fois de plus devant un paysage bluffant, dans un champ en haut d’un promontoire dominant une très belle vallée plantée d’oliviers, au loin le Rif enneigé que nous traverserons demain. Il fait frais, coucher 19h30 !

 

B : Vendredi 3 : Nous traversons le Rif avec une pointe d’appréhension car c’est la zone de production de 80% du kif mondialement consommé et l’on est toujours ennuyé, d’autant qu’avec notre camion un peu baroud et une barbe de trois mois nous risquons d’être pris pour des clients potentiels venus refaire le stock annuel… Fafa n’en revient pas, la montagne est entièrement cultivée du bas jusqu’en haut et irriguée par des milliers de kilomètres de tuyaux. 800 000 personnes vivent des 47 000 tonnes de cannabis produites en moyenne dans la région. Officiellement la production est tolérée mais pour seulement une consommation personnelle et la revente est interdite. Cela voudrait dire que chaque rifain, enfants compris, consommerait près de 60 kgs de kif par an ! Belle hypocrisie… La région de Kétama est dans un état d’abandon impressionnant, les hommes errent sur le bord de la route, l’œil vague, nous proposant leur production ; même les enfants s’y essaient. Nous feignons de ne pas les voir, passant notre chemin vitres levées et portières verrouillées. A la différence même d’il y a deux ans, nous ne sommes pas ennuyés par des vendeurs en voiture qui cherchaient à vous coincer par tous les moyens. La route est belle et nous croisons encore la neige avant de redescendre vers Al Hoceima ; pas vraiment la route directe pour rentrer à Itxassou, bon d’accord, mais on vous promet, après on ne fait plus que de l’ouest et du Nord. Parillada de poisons dans un troquet du port : crevettes, supions, solette, rouget, petit merluchon, tranche d’espadon, queue de raie et deux sardines pour chacun … ! Sieste sur la plage qui s’imposait… En route vers Cala Iris, toujours sur les traces du voyage d’il y a 34 ans mais en 2CV et 204 à l’époque. La piste laisse place à la voie rapide en construction qui désenclavera toute la région. Anse de rêve inhabitée et inchangée depuis 1975 (cela ne va pas durer !), immense plage que nous partageons avec une famille de marocains. Long bain dans une eau à peine fraîche. Bivouac sur la plage à Torres, l’anse d’à côté, sous la protection de la gendarmerie qui nous l’a gentiment proposé. Ambiance tranquille à côté d’un petit troquet, les marocains buvant leur café au lait devant le coucher de soleil en tirant sur la pipe à kif et en jouant aux petits chevaux.

 

B : Samedi 4 : Mauvais réveil pour tous les deux, nous avons une grosse tourista qui nous tord les boyaux… Nous décidons quand même d’essayer d’avancer et prenons une incroyable piste qui part à l’assaut des falaises dominant la mer. Notre dernier petit parfum d’aventure dans un décor grandiose. Nous rejoignons la route intérieure en construction, indescriptible chantier qui tente d’escalader tous les pignons rocheux et redescend à chaque fois au fond de l’oued au niveau de la mer. Mieux vaut avoir un 4x4 pour effectuer ces 100 kilomètres qui nous prendront plus de 3 heures.

La route-piste rejoint ensuite le bord de mer mais fait aussi l’objet d’un immense chantier. Fafa est parfois un peu inquiète mais le paysage est à la hauteur des émotions : criques désertes et immenses plages pas encore gagnées par la folie de la promotion immobilière de ces futurs « resorts » comme ils vont jusqu’à dire. Total, la journée entière pour faire moins de 200 km mais nous ne le regrettons pas ! Tétouan, pleins de gas-oil, dernières courses pour liquider les dirhams restants et gros b…. habituel de la frontière dans un concert de klaxons inouï !!! Fafa reste bloquée près d’une heure aux différents guichets, explication : n’ayant pas d’ordinateur à la frontière avec la Mauritanie les douaniers n’ont pas saisi notre entrée (et peut être même pas notre première sortie il y a trois mois…) et donc ils ne comprennent pas comment on veut sortir alors que nous ne sommes pas rentrés ! Le chef finit par donner le coup de tampon tout en nous disant que c’est de notre faute, nous aurions du demander aux douaniers si ils avaient bien enregistré notre passage (sur quel ordi ???) ! Une histoire de fous, une de plus me direz-vous dans ce feuilleton de passages de douanes. Arrivés côté espagnol nous allons directement à l’embarcadère du Ferry ; il est 18h30, par chance il y a un bateau à 21h, embarquement à 20h30, nous avons deux heures à tuer. Nous sommes seuls à attendre sur l’immense parking des départs avec deux jeunes en camping car. Alors que les nouilles finissent de cuire, un employé de la compagnie nous demande quel bateau nous prenons : « El de las nueve, porque » ? « Porque se esta marchando ! » Nous avions oublié qu’il y avait 2 heures de décalage… Nous rentrons en catastrophe dans le Ferry vide qui ferme ses portes derrière nous, j’en renverse même les nouilles par terre dans le bateau. 40 minutes de traversée, nous voilà vomis du bateau dans le port de containers éclairé comme en plein jour, puis éjectés sur l’autoroute de Malaga, bonjour la transition… Nous avançons un peu comme des zombies jusqu’à la première station service, nous tirons les rideaux, c’en est assez pour aujourd’hui…

 

 

B : Dimanche 5 : Malgré l’autoroute toute proche et les crampes à l’estomac, la nuit n’a pas été catastrophique. On a quand même connu mieux et plus bucolique. Petit dej expédié sur notre parking. Pas de photo ce matin, alors que je crois avoir photographié tous nos bivouacs. Horreur des paysages urbains de Marbella, Torremolinos, Marbella … Les paysages d’oliviers et de vignes se font beaucoup plus beaux vers Grenade et Jaen. Déjeuner à l’ombre des oliviers, puis la Mancha et ses vignobles à perte de vue bien que beaucoup soient comme en France arrachés, ne laissant dans le vide que les petites maisonnettes blanches des anciens ouvriers vignerons. Mais nous ne regardons pas trop le paysage, nos pensées vagabondent beaucoup plus loin, vers cette Afrique déjà si lointaine, si différente, si éloignée de tout ce que nous voyons. C’est un drôle de mélange d’impressions qui nous envahit : nous nous sentons à la fois rassurés devant l’ordre, l’organisation, la propreté … mais aussi un peu écœurés devant une telle profusion de richesse, de technologie, de « matuvuisme »… Impression aussi de vide, d’absence de vie ; ici seules les voitures bougent et les cheminées d’usines fument.. . Bon bon, j’arrête ! Ce soir dernier petit bivouac avec, si le cœur nous en dit, une grillade de sardines marocaines et un petit vin blanc bien frais ! Traversée de Madrid sans encombre un dimanche après-midi, col de Somosierra, la neige n’est pas loin, descente sur Aranda del Duero. Un peu à l’écart de la quatre voie une belle chapelle sur les hauteurs, ce sera notre dernier bivouac. Nous avions passé notre première nuit, il y a trois mois, dans la neige, sous la protection d’une petite chapelle romane non loin de là, nous terminons notre voyage de façon tout à fait similaire. Petit apéro au vin blanc frais marocain mais pour les sardines c’est pas encore tout à fait ça, nous nous contenterons de patates bouillies … C’est quand même incroyable, pas un seul petit bobo, pas un seul cachet même d’aspirine pendant tout le voyage et nous revenons tous les deux le dernier jour les boyaux en huit ; Il doit y avoir du psychosomatique dans tout cela …

 

B : Lundi 6 : Nous quittons notre ermitage de Nuestra Señora del Lorio avec regret après un dernier petit dej dans l’herbe (fraîche quand même ce matin…). Les paysages redeviennent familiers, les sorties d’autoroute connues… La lumière reste un peu étrange et la végétation si peu avancée nous surprend par rapport aux derniers jours passés au Maroc.

La nostalgie de ce grand et beau voyage est prégnante, mais bien entendu la joie de retrouver tous les nôtres est forte et bien présente. La réadaptation sera quand même très certainement difficile, nous nous y attendons…

A midi nous serons à Itxassou, cela fait tout drôle et l’on a peine à le croire… Ce post écrit dans la voiture sera donc le dernier et nous vous remercions d’avoir été aussi nombreux et fidèles dans le suivi de nos pérégrinations. D’ici quelques jours nous écrirons peut être une post face en guise d’épilogue pour vous faire partager les grandes impressions qui resteront de ce voyage qui aura été sans conteste très largement au niveau des espoirs que nous y avions placés et qui s’est par ailleurs déroulé dans les meilleures conditions qui soient, tant du point de vue matériel que personnel…Nous sommes heureux, toujours aussi amoureux et déjà des idées de prochains voyages …

 

 

Tags associés : case, depart

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Mercredi 08 Avril 2009Poster un commentaire

B : Lundi 23 : Nous prenons le thé du matin avec nos amis marins. Ils nous voient partir avec un peu d’envie car ils sont là dans leur désert face à la mer, 24 h sur 24 sans rien à faire, pendant 4 mois avant de rentrer chez eux pour 25 jours ; sauf que chez eux c’est à Fez, c'est-à-dire 1900 km plus au nord … !

Nous échangeons le volant assez fréquemment car la route est longue, monotone et rectiligne dans son univers de cailloux. Celui qui n’est pas de quart en profite souvent pour faire une petite sieste, couché sur les coussins derrière… D’un seul coup, le désert devient tout mauve : il est littéralement recouvert d’immortelles qui ondulent sous le vent. Fafa en fait une grande brassée pour les bouquets de l’hiver prochain. En parlant de vent, il souffle très fort et presque de face ; Totoy a quelques difficultés pour avancer. Du coup il consomme dur : 20 litres aux 100 ! Heureusement que le gas-oil est détaxé ici et ne coute que 35 centimes d’Euro, alors on lui pardonne, d’autant que les silent-blocs ont l’air de tenir, et ça, c’était notre grosse inquiétude. Nous arrivons jusqu’à l’immense plage de Laayoune et nous nous installons sur un vaste parking face à la mer. Nous passons la soirée dans le camion aménagé de Pepe et Claude, la soixantaine, originaires de Durban dans l’Aude, intellos-artisans, écolos anarco-contestataires, trente ans de voyages au Maroc en camion … Café bio, confitures maison, petits gâteaux marocains agrémentent une rencontre étonnante… nous irons les voir dans les Corbières.

 

B : Mardi 24 : Laayoune, banque, courses et bien entendu cyber pour le blog mais aussi pour les mails, et là, le grand bonheur d’apprendre que ma fille Marie vient passer l’année sabbatique de Vincent en France avec bien entendu aussi le petit (ou la petite ?) né(e) entre-temps !!! FANTASTIQUE !!! J’en suis tout chamboulé et laisse le volant à Fafa pour poursuivre notre remontée vers le Nord, seulement ponctuée de quelques traversées de chameaux, toujours bien entendu au ras du capot de la voiture, de belles ouvertures sur la mer blanchie par le vent lorsque l’on longe les côtes, de mirages que l’on s’arrête même photographier pour savoir si ils sont vrais ou faux, la routine quoi. Nous nous arrêtons après Tan Tan dans ce que nous croyons être un campement aménagé dans un vieux ksar et qui s’avère être un hôtel grand luxe, copie de ksar avec piscine, en plein désert, créé de toutes pièces par un ancien chef étoilé biarrot, pour riche clientèle voulant se donner des airs de baroudeurs du désert en 4x4 climatisé. Sur le parking à l’arrière, il a aménagé pour les quatrequatreux de notre genre une aire de stationnement bien équipée, mais surtout, nous avons accès à une douche chaude... Nous préférerons quand même manger sur notre parking ; même si les tarifs pratiqués sont très honnêtes, nous n’avons pas très envie de rencontrer la dizaine d’américains clients ce soir là..


 

B : Mercredi 25 : Lever aux aurores et petite ballade en solitaire dans la montagne. Après le petit dej nous ne résistons pas au plaisir de reprendre une douche avant de partir… Quel luxe ! Nous sommes sages et abandonnons l’idée de remonter par « la plage blanche » ou les pistes que j’aurais bien aimé prendre pour aller vers l’Anti-Atlas. Il faut dire que nous recherchons maintenant avant tout la tranquillité physique et d’esprit, à la fin de ce voyage qui aura quand même été long et pas toujours très reposant… Nous partons donc sur le goudron vers Tiznit, abandonnant le désert et attaquant les pentes des derniers contreforts atlantiques de l’Anti Atlas. Et là, à mesure que nous montons, l’émerveillement absolu, la montagne d’habitude si aride dans cette région, est recouverte d’herbe à en être verte, des fleurs de toutes les couleurs colorent des immensités en jaune, blanc, mauve, les arganiers, d’habitude un peu tristes, arborent un vert sombre et lustré, les blés magnifiques vont bientôt virer au doré... Il faut dire qu’il a beaucoup plu dans la région cet hiver et de nouveau pendant tout le mois de mars. Il paraît que cela fait 30 ans que cela n’était pas arrivé ! Nous nous arrêtons déjeuner dans un champ de soucis et de coquelicots, les merles sifflent le printemps  …. Nous sommes fous de joie, nous respirons à grandes bouffées cet air frais que nous avions oublié, nous nous roulerions presque dans l’herbe s’il n’y avait pas les chardons et autres picous. Nous prenons la route vers Tafraoute et nous nous arrêtons bivouaquer en pleine montagne dans cette féérie de vert, de fleurs et de chants d’oiseaux. L’Afrique c’est beau, mais par ici ce n’est pas mal non plus…Que dirons-nous en arrivant à Itxassou ?

 

B : Jeudi 26 : Petit dej en haut de notre col face aux montagnes dans un concert de merles rendus très certainement fous amoureux par cette belle journée de printemps qui s’annonce. Nous arrivons à Tafraoute lovée dans une dépression au cœur d’un chaos impressionnant d’énormes blocs de granite rose surplombant souvent de façon inquiétante les habitations noyées dans la verdure des palmiers dattiers. Etonnant mélange d’ambiance de sud marocain et d’environnement de montagne, nous sommes quand même à plus de 1200 mètres d’altitude. Nous trainons dans les rues calmes, faisons quelque courses et prenons un grand jus d’oranges pressées en guise d’apéro. Déjeuner dans l’herbe à l’ombre d’un arganier chargé de fruits dans un décor inimaginable pour qui ne l’a jamais vu : un immense tapis de fleurs jaunes, mauves, blanches…recouvre les fossés, les bordures, des champs entiers.


A certains endroits c’est toute la montagne qui se pare de ces couleurs à en devenir même irréelle. Longue sieste à l’ombre, la rando prévue est compromise… Ces étapes marocaines agissent sur nous comme un sas de décompression entre notre bourlingue en Afrique noire et notre retour à Itxassou. Nous repartons à la découverte de ces vallées endormies. Les villages se succèdent au pied des parois avec leur empilement d’énormes maisons cubiques toutes peintes du même rose « vieille gaine ». Les fenêtres, nombreuses mais petites, sont dissimulées derrière de lourdes mais très élégantes ferronneries admirablement agencées sans soudure. La plupart du temps elles sont en plus closes par des volets intérieurs… Aucune activité visible, aucun bruit, seuls quelques vieux déambulent difficilement, à croire que toute la population a déserté ces villages qui pourraient pourtant être pimpants et gais. Nous visitons même un petit village où nous ne rencontrerons absolument personne. Les femmes sont drapées de noir et se cachent le visage en tenant le coin de leur foulard de la main, les quelques petites filles croisées subissent les mêmes règles dès le plus jeune âge.  Mais ce qui frappe surtout, c’est l’immense tristesse de tous, même les chiens sur le bord de la route ont l’air abattu !! C’est très beau mais très triste ; où sont les éclats de rire et grands bonjours des petits africains ? Nous poursuivons notre route vers Marrakech pour bivouaquer, toujours dans l’Anti-Atlas, mais cette fois sur un haut plateau entouré de pitons rocheux majestueux.

 

B : Vendredi 27 : Nous descendons sur ce versant exposé au nord moins riche et moins gai que celui de Tafraoute. Nous tombons sous le charme d’une kasbah du XII°, perchée sur son piton rocheux planté au milieu d’un haut plateau ceint de montagne. Elle est encore habitée par 3 familles (sur les 24 d’origine) et magnifiquement restaurée. L’un des habitants nous explique que nous sommes dans la région de plus grande émigration de tout le Maroc, ce qui explique ce vide que nous ressentons depuis hier. Nous descendons dans la plaine d’Agadir et décidons de nous offrir un bon petit restau marocain à Taroudant bien calme à l’heure de la grande prière du vendredi. Vient maintenant le morceau de bravoure de cette route marocaine, la traversée de l’Atlas par le col de Tizi-n-Test et ses 160 km de route de montagne jusqu’à Marrakech. On ne pourra pas dire que l’on n’a pas été prévenu : au pied du col un immense panneau en béton de trois mètres de haut barré d’un grand Z et annonçant : « Virages sur 120 km ». La route en lacets est effectivement impressionnante sur les 40 premiers kilomètres : précipices, à pics écrasés par les sommets enneigés culminant entre 3000 et 4000 m. A 300 mètres du col (à 2100 mètres quand même) une explosion suivie d’un énorme gargouillis à l’arrière de la voiture ; Fafa se précipite sur le tuyau d’aération du réservoir à eau qui, avec le changement de pression du à l’altitude, s’est transformé en geyser arrosant copieusement notre lit de ce soir… Nous redescendons face au Toubkal de Fafa qui se cache dans les nuages par une vallée ou les maisons au toit en terrasse de terre composent de gros millefeuilles de la couleur de la terre : lie de vin. Bien que semblant plus pauvre, la région vit, les enfants et les femmes qui ramassent l’herbe nous disent bonjour, les terrasses d’amandiers et de blé sont toutes cultivées. Nous nous posons dans le creux d’un vallon, auprès d’un joli village que nous irons arpenter demain. Bizarre, il pleut, c’est la première fois depuis que nous sommes partis…

 

B : Samedi 28 : Le ciel est plombé mais de belles éclaircies trouent les nuages et nous autorisent une belle escapade dans les hameaux voisins accrochés à la montagne. Un chien sympa nous accompagne et son propriétaire nous le propose en cadeau mais Fafa reste inflexible : « C’est lui ou moi ! ». D’accord, message compris. Alors que nous reprenons la voiture il se met à pleuvoir et le torrent dans le fond charrie un fleuve de chocolat fondu… Samedi, c’est le souk hebdomadaire à Esni ; nous laissons passer une trombe d’eau et de grêle mélangées et allons patauger gaiement dans la boue dégorgeant de partout au milieu des étals. Nous faisons une grande provision d’oranges, patates, oignons, petits pois, poivrons pour 2,5 €uros ! Tajine et brochettes avec les paysans au bouiboui du coin et nous replongeons nous réchauffer dans la voiture. Nous sommes encore à 1100 mètres, il doit faire 12°, le brouillard menace juste au dessus de nos têtes et le ciel est noir. Nous renonçons à passer dans la vallée de l’Ourika pour aller y crapahuter demain. Seule destination possible donc Marrakech où nous devrons attendre jusqu’à lundi car nous avons décidé d’offrir à Totoy une bonne révision chez un petit mécano que l’on nous a recommandé à Bamako ! Je vous passe la place Jemma el Fna et autres souks visités en vitesse juste pour dire que nous y sommes allés. Camping en périphérie au milieu des orangers en fleurs. Il va falloir trouver un programme pour demain…

 

Nota : Pour Doudoune, j'ai rajouté des photos de cairns prises au retour, dans le billet qui leur était consacré. Il y a les mêmes au Mondarrain...!

Tags associés : grand, maroc

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Dimanche 29 Mars 2009Poster un commentaire

F : Jeudi 19 :  matin : visite de l’île de Gorée à quelques encablures; c’est une petite île à la fois célèbre pour son triste passé qui fait d’elle un site mémorial de l’esclavagisme et tout à l’inverse qui offre au visiteur un très joli village tout en douceur avec de jolies maisons ocres, rouges, volets de bois vert, bougainvilliers , ruelles tranquilles, petite plage, etc… évidement beaucoup de touristes sur ce site incontournable investi  par une colonie de  « plus ou moins artistes » qui jalonnent le parcours. Nous ne nous attardons pas et décidons de finir la journée à KAYAR à 50 kilomètres au nord de DAKAR.

 En chemin nous nous faisons contrôler plusieurs fois par la gendarmerie, disons très scrupuleuse à l’égard du touriste blanc. Un gendarme à qui nous annonçons que nous avons tous nos papiers et que nous sommes vraiment en règle, trouve le moyen de nous dire « qu’il pourrait nous verbaliser pour délit d’aménagement de bagages » (en raison des roues sur le toit et de la suppression des sièges arrières!!!,… » mais cependant, nous explique-t-il goguenard, il ne le fera pas car il ne voudrait pas que l’on pense qu’il fait un délit de faciès ! » ; à côté, la circulation se poursuit avec son cortège de voitures sans phares, sans clignotants, sans freins, sans vitres, et peut-être même sans moteur ! Les taxis brousses nous dépassent crachant une fumée noire à qui mieux-mieux avec des grappes humaines accrochées aux montants et des amoncellements de sacs, motos et chèvres sur le toit ! Sacrée Afrique !  C’est tellement gros qu’on ne peut qu’en rire !

 KAYAR c’est un village de pêcheurs et le spectacle y est vraiment surprenant : sur la plage plus de mille pirogues sont alignées côte à côte, quelques fois sur deux rangées laissant très peu de place à la foule qui s’active .

 Tout le village semble être rassemblé sur la plage même si aujourd’hui peu de bateaux sont sortis parce que la mer est agitée (et qu’elle à rejeté sur la plage la chèvre sacrifiée apprendra-t-on plus tard) ; l’ambiance est très bon enfant. Il est facile d’aborder les gens et l’on nous apostrophe aussi facilement : trois femmes se marrent en montrant mon derrière, je rentre dans leur jeu , relève mon tee-shirt et pars en me tortillant de plus belle : éclats de rire général, elles en redemandent ! Un gars sympa nous indique un coin où l’on peut s’installer au bord de la mer et un peu à l’écart du village  pour la nuit. Demain matin on ira acheter du poisson avec lui.

 

F : Vendredi 20 : nous repartons avec un beau maquereau tout frais et un autre poisson très joli tout plat mais dont j’ai oublié le nom ; objectif : poursuivre la remontée vers le nord et si possible passer la frontière sénégalaise. Mais au bout d’une heure de route des bruits inquiétants nous arrêtent. Sous le capot, le verdict est rapide : les silent-blocs remplacés il ya 2 jours n’ont pas tenu; ils sont en miettes. Que faire? la décision n’est  pas facile à prendre car nous n’avons aucune envie de faire marche arrière mais choisissons de retourner chez le même garagiste (IBOU) malgré les 2 interminables heures d’embouteillage pour rallier DAKAR. IBOU, constate les dégâts et s’engage sur l’honneur à nous dépanner dans la journée et nous trouver des caoutchoucs adéquats ; comme, il a sa fierté, nous lui faisons confiance – de toute façon nous n’avons pas 36 solutions – Ce petit incident réveille nos neurones un peu endormis : « au fait, on était partis pour sortir du Sénégal et rallier la Mauritanie, mais…on n’a pas de visa  pour la Mauritanie ! » branlebas de combat ! Court circuit dans nos cerveaux ! C’est la panique ! Merde alors ! on relit 3 fois les notes de « Papy et Mamy en voyage »  Ben , non : on peut plus avoir de visa à la frontière mauritanienne . Il faut absolument qu’on l’on aille au consulat : Nous sommes vendredi, il est 14 H –autant dire que nous n’avons aucune chance d’avoir ces visas à temps, ce qui veut dire que nous allons être bloqués jusqu’à lundi à DAKAR ! Pour couronner le tableau, dimanche ce sont les élections municipales; à Dakar, le président Wade vaut faire passer son fils en force pour le propulser ensuite à la présidence, mais la population n’est vraiment pas d’accord ; déjà des manifs commencent à bloquer la ville….il faut décidément  qu’on sorte d’ici, d’autant plus que le passe-avant pour la voiture expire demain samedi ! On fonce en taxi jusqu’au consulat de Mauritanie : et là on a été vraiment bon parce qu’on a réussi  à obtenir nos visas au bout de 3 heures d’attente, de suspens un peu éprouvant et sans même payer de bakchich ! et ça, franchement c’est fort ! Ceux qui connaissent sauront apprécier !

Totoy est enfin prêt, malgré la nuit qui s’annonce, Bernard se retape courageusement les 2 heures pour sortir de ce DAKAR beaucoup trop agité pour nous ! bivouac un peu à l’aveuglette sur le bord de la route du côté de Thiès. Ouf ! Quelle journée !

F : Samedi 21 : Nous remontons sans problème sur Saint Louis, la grande boucle est bouclée ! Le gendarme à l’entrée veut encore nous verbaliser car Bernard n’aurait soit disant pas mis le clignotant quand il nous a arrêté. Nous arrivons à partir sans rien payer… Passage de la frontière au barrage de Diama assez rapide (1 heure). Sur la piste qui rejoint Nouakchott, un jeune avec une R5 toute pourrie nous arrête car il est en panne de batterie. Il ouvre le capot : incroyable… ! posé sur le moteur, un bidon en plastique ouvert, avec un tuyau qui plonge dedans, c’est le réservoir d’essence….Impossible de la faire redémarrer, nous poursuivons jusqu’à Nouakchott que nous atteignons à la nuit. Je ne vous parle pas de la couleur de l’eau de la douche quand je me suis lavé les cheveux !!!

 

F : Dimanche 22 :  départ à 5h 30 du matin : nous voulons rouler le plus possible pour avaler au plus vite  le maximum de kilomètres de cette si longue traversée des déserts Mauritanien et sud Marocain. Platitude complète, troublée de temps à autres de mirages

. Le sable parfois blanc vire au beige ou au gris suivant les endroits puis s’agrémente pendant quelques centaines de kilomètres suivants de cailloux gris de tailles variables ou alors de touffes de buissons gris eux aussi. Nous longeons l’océan ce qui apporte un peu de distraction à la monotonie du paysage et va nous permettre de faire des bivouacs sympas malgré le vent très violent. Nous sommes tombés une fois de plus sur un campement de la marine nationale, gardienne de la côte : 2 jeunes, vraiment très gentils qui nous ont invités à partager leur repas fait de poissons grillés et de dattes. Nous mangeons donc dans leur campement, face à la mer et au soleil couchant. A proximité, 2 restes de bateaux calcinés, témoins des 2 arraisonnements de cette année : chaque embarcation pourtant pas bien grande contenait 30 à 40 immigrants africains qui tentaient de rejoindre l’Europe en essayant d’arriver au Maroc, puis de traverser sur les Canaries espagnoles et de là  …Petite promenade solitaire sur la plage pour faire le plein de « merdouilles » : hameçons de contrebande pour la pêche du poulpe, flotteurs, bouts de ficelles pour Bernard, cailloux, sable,  algues séchées pour moi.

Nous projetons de passer quelques jours tranquilles au MAROC et se dégourdir un peu les jambes sur les plateaux de l’ANTI ATLAS.

 

 

ZAPPING :

 

Voici un florilège des marchandises qui nous ont été proposées par les petits vendeurs, aux fenêtres de la voiture dans les embouteillages à la sortie de Dakar :

Noix de cajou, cacahuètes, poires, prunes, bananes, cartes de recharge Orange (une centaine de fois …), tapis de prière, lunettes de soleil, poupées Superman gonflables, kleenex, Photos et posters des Mollahs à la mode, Vache qui rit, boitiers de CD, gâteaux secs, sachets d’eau fraiche, cartes à jouer, T-shirts « Marcels », gel douche, cure-dents, porte-clefs, chaussures, coton-tige, stylos Bic, compte-tours, tampons gratounettes, coupe-ongles, chiffons, casquettes, nécessaire à ongle, ballons de foot, antennes TV faites avec des couvercles de faitout (voir photo)…

Si, si, je vous promets, tout est vrai !

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Mardi 24 Mars 2009Poster un commentaire

Pour illustrer le dernier zapping de Fafa voici les photos "officielles" de notre visa pour le Mali. Nous en sommes déjà sortis donc aucune conséquence facheuse ...!

B : Dimanche 15 mars : Nous quittons Enampor et parvenons à trouver une très belle ancienne piste de sable louvoyant au cœur de la forêt tropicale et des vieilles cases ; quelle sérénité… ZIG : cyber, quelques courses et départ vers le nord, objectif : traversée de la Gambie. Nous savons que ce ne sera pas simple mais nous nous promettons de garder notre calme. Pour ceux qui l’ignorent, la Gambie est le plus petit pays d’Afrique, large de seulement 24 km le long du fleuve du même nom, et qui coupe pratiquement le Sénégal en deux d’ouest en est. Il faut donc le traverser pour aller de Casamance à Dakar. Pays anglophone, mais où on roule quand même à droite, il vit de la contrebande (faisant partie de l’ex Commonwealth il trafique avec toutes les anciennes colonies anglaises : tissus pakistanais, thés d’Asie, vieilles bagnoles européennes …), du tourisme essentiellement sexuel (les hollandaises s’un certain âge en raffolent…) mais aussi de sa position stratégique qui lui permet d’être très exigeant avec les sénégalais mais aussi bien entendu avec tous ceux qui veulent traverser… Nous sommes prévenus! Arrivés à la frontière il faut d’abord changer de l’argent au black (2500 CFA) pour pouvoir payer plus loin le bac que l’on ne peut régler qu’en XXX (vous connaissiez vous, cette monnaie ? bon plan pour le jeu des 1000 €) ensuite, acheter à un quidam un formulaire de passavant, triptyque mal imprimé, qui va servir de base à l’arnaque, il faudra en effet le présenter tout au long de la traversée (douane d’entrée, passage du bac, ville traversée, douane de sortie) à la police, à l’immigration et à la douane qui, contre un tampon, exigent chacun 1000 FCFA. Passage de la frontière entrée et de la frontière sortie 2000 CFA à chaque fois, c’est la première fois que je paie pour un passage de frontière ! Le clou, c’est les 15000 FCFA qu’il faut maintenant payer « d’escort fees » car on est véhicule étranger ! Je refuse de payer, exige de voir le chef, on me montre le reçu officiel que l’on me donnera cotre paiement et sur lequel figure bien la somme demandée. Trop énervé, Fafa me relaie et exige d’avoir effectivement une escorte que bien entendu nous n’aurons pas… Arrivés au bac on nous demande notre billet de passage, il fallait l’acheter dans la ville précédente et donc demi-tour… Le bac rate sa manœuvre d’appontage…  A la sortie nouveau contrôle marqué police mais par un type en jeans et tee-shirt aux perroquets bariolés. Je refuse et demande ses papiers : « Direction de Surveillance du Territoire », j’obtempère. Le gars commence alors une fouille méticuleuse de tout l’intérieur du véhicule, ouvrant les boites de tampon de Fafa, les savonnettes … Quand son collègue arrive et commence à faire de même je m’énerve et leur demande « if it is a joke ? » ils le prennent mal et me disent qu’ils peuvent m’amener pour interrogatoire si ils le veulent… Néanmoins, la visite s’arrête, ouf, je nous y voyais passer la nuit. En fait ils devaient chercher une boulette de shit pour pouvoir nous coincer, un comble quand on sait que le pays est très certainement une plaque tournante du trafic africain ! Dans le dernier bureau d’immigration deux cellules exigües bondées de prisonniers (sénégalais ?) qui tendent la main à travers les barreaux en demandant 100 F pour pouvoir payer les frais quotidiens exigés par leurs taulards… Je préfère être à ma place qu’à la leur ! Je leur donne la pièce et sors vite du bureau. Alors que je paie les 2000 CFA pour avoir les derniers coups de tampon de la douanière, son chef me dit, toujours dans un aussi mauvais anglais, tu donnes 3000 et tu peux coucher avec elle si tu veux …Je sors en courant de ce pays pour rentrer dans les douanes sénégalaises, le douanier me souhaite la bienvenue avec un grand sourire, il sait ce que nous venons d’endurer : deux heures et demi d’emmerdements, d’énervements, de frustration de ne pas pouvoir leur mettre un poing sur la gueule … sans compter les 34 000 FCFA (50 €) de la plaisanterie. Vraiment, si vous comptez aller en Casamance, faîtes le grand tour ou prenez le bateau mais surtout ne passez pas par ce pays d’escrocs !

Côté sénégalais nous retrouvons une route nationale tellement défoncée que même les semi-remorques de 30 tonnes roulent sur la piste à ânes latérale, les vélos dépassent les voitures… Epuisés et la nuit venant, nous nous arrêtons sous le premier gros arbre venu. Demain il fera jour… Ce soir double Pastis et merveilleuses crêpes au citron vert de Fafa avant un gros dodo bien mérité. Et bien non, alors que nous étions bien endormis, une délégation d’anciens, du village voisin, vient enquêter avec force torches sur ce véhicule suspect garé tous feux éteints en plein champ d’arachides. Quelques civilités en Wolof par la fenêtre (je suis à poil) et ils s’en vont en nous souhaitant je crois bonne nuit. Nous l’aurons bien méritée.

 

B : Lundi 16 mars : Nous décidons de rejoindre le delta du Saloum à travers pistes à la boussole car notre carte n’est pas assez précise. Quel plaisir de retrouver ces petits chemins creux où le sable remplace avantageusement les ornières du goudron. Le camion fait aussi moins de bruit : il faut dire qu’avec tous les mauvais chemins que nous lui avons fait subir, les silent-blocs des amortisseurs ont explosé et ces derniers travaillent comme pour les taxi-brousse, métal contre métal… Vivement un bon petit mécano à Dakar.

Je ne suis pas certain que notre route ait été très droite plein ouest, mais à force de demander nous sommes bien arrivés à Toubacouta. Pourtant ici nous sommes dans une région très wolof musulmane et peu francophone et francophile, donc pas toujours facile d’avoir le bon conseil. De toutes façons ce n’est pas difficile : « C’est tout droit », même quand 200 mètres plus loin il y a trois pistes qui partent… Nous rejoignons le bord du Saloum et ses mangroves : baignade, pique nique, sieste. Nous poursuivons sur Fondiougne, posons le camion sur la plage d’un autre bras du Saloum et re–baignade , sieste, apéro, dîner … cela en deviendrait lassant…Heureusement qu’il faut aussi écrire le blog et ainsi, ne pas se laisser totalement aller… Vous voulez connaître le programme pour demain ? Les plages de la « Petite Côte » et re-baignade, sieste …

 


B : Mardi 17 : Nous traversons par le bac au petit matin, toujours aussi folklo mais nous commençons à en avoir l’habitude. Nous rejoignons Joal et Fadiouth chers à Senghor en coupant au travers d’une ancienne lagune blanchie par le sel et noyée dans un brouillard assez surréaliste d’où seules émergent les silhouettes majestueuses de quelques baobabs au loin. Trop de toubabs sur cette belle langue de sable battue par la mer qui est forte ce matin. Nous allons piqueniquer un peu plus loin, le long d’un petit marigot protégé du vent par la mangrove. Les toubabs de la maison en arrière nous interpellent au vu de notre plaque 64 : ils sont de Coarraze et d’Ustaritz … leur voisin qu’ils s’empressent d’appeler, est un Darquy d’Itxassou, à la retraite ici au soleil depuis plus de 10 ans ! Apéro sympa, derniers scores de l’Aviron…  Nous continuons sur Sali, l’horreur de la concentration touristique de mauvais goût et étrangement vide en pleine saison, puis N’Gaparou où mon ancienne case de paille perdue dans les baobabs est aujourd’hui ensevelie quelque part sous une de ces maisons de grand luxe et déjà à moitié décatie pour un grand nombre qui ont pris d’assaut sans discontinuer cette ancienne plage sauvage… Nous poursuivons chercher un peu de calme à Popenguine, pourtant encore plus proche de Dakar, mais protégée par la présence du palais d’été présidentiel et par les récentes apparitions de la vierge qui en ont fait un lieu de pèlerinage très catholique ! Nous prenons une bière sur la plage avec deux rastas locaux en leur parlant de notre étonnement de voir tous ces couples de vieux toubabs avec des jeunesses locales, ils éclatent de rire en nous disant : « Nous aussi on prend … » et on voit sur le balcon deux quinquas bien roses étendant le linge …

 

B : Mercrdi 18 : Plus de 2 heures pour franchir les derniers kilomètres nous séparant de Dakar. Une circulation absolument anarchique et délirante dans ces faubourgs industriels que je ne reconnais pas. Nous voulons faire réparer les amortisseurs de la voiture mais les grands garages ne font que les vidanges et nous renvoient sur les petits mécanos qui envahissent les trottoirs avec les épaves qu’ils rafistolent et leurs palans dans les arbres. Nous échouons chez IBOU et son « garage » en pleine rue, qui nous traine à droite à gauche pour essayer de chauffer au chalumeau les amortisseurs récalcitrants au démontage. Il faut dire qu’ils en ont vu tellement… . Une fois démontés il faut trouver les silent-blocs neufs. .. Nous prenons notre mal en patience, jouons au morpion, mangeons un exceptionnel riz au poisson avec les mécanos et le flic du coin sur un coin de planche sur le trottoir.

Quatre heures plus tard nous rentrons enfin dans Dakar avec un Totoy en pleine forme. Pèlerinage pour moi au 43 rue Félix Faure inchangé, contrairement  à la rue…, sur mes anciens lieux de pêche au Cap Manuel, sur les corniches et enfin à l’université ou seul le nom de l’ENSUT a changé. Dakar s’est beaucoup modernisé mais reste une très belle ville, agréable, aérée et finalement assez bien entretenue (sauf les feux tricolores). Quel contraste avec le reste du pays ! Tout, absolument tout l’argent et le développement associé, est ici. L’ensemble du pays se partage le reste, c'est-à-dire absolument rien… si ce n’est l’Islam …Courses dans un supermarché Casino, mais oui !!! Bivouac incroyable en bord de mer, sur un grand terrain des Almadies, étrangement encore non colonisé par le béton local.

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Jeudi 19 Mars 2009Poster un commentaire