1996, Point Afrique posait ses premiers avions de touristes à Atar, dans la magnifique région de l’Adrar au nord de la Mauritanie, déserts de sables et de roches jusqu’alors connu de quelques rares trekkers ou inconditionnels de Théodore Monod.
2007, assassinats d’Aleg, annulation du Paris Dakar à la veille de son départ, folles rumeurs, manœuvres politiques autour de l’exploitation des nouvelles ressources de pétrole …. Le nombre de touristes hebdomadaires qui venaient s’égayer à pied, en chameau ou en en 4x4 dans cette micro région passe de 450 à moins d’une dizaine aujourd’hui. La manne touristique, qui certes avait divisé le taux de pauvreté par deux en quelques années, a laissé place à un désarroi total de la population locale qui s’était habituée à cet argent. Difficile aujourd’hui de se remettre à cultiver les oasis, de repartir garder les chameaux dans le désert…il semble qu’une tornade ait ébranlé des siècles de tradition et d’adaptation mettant aujourd’hui en péril, peut-être plus qu’avant, la vie dans ces régions.
Autre conséquence, mineure certes mais qui n’arrange rien, le « pauvre » touriste qui était venu rechercher le calme et la sérénité est littéralement pris en otage et ne peut que fuir devant toutes ces sollicitations alors qu’il était prêt à dormir à l’auberge ou acheter quelque jolie boite! Messieurs les tour-opérateurs, solidaires ou pas, pensez-y aussi.