Pour illustrer le dernier zapping de Fafa voici les photos "officielles" de notre visa pour le Mali. Nous en sommes déjà sortis donc aucune conséquence facheuse ...!
B : Dimanche 15 mars : Nous quittons Enampor et parvenons à trouver une très belle ancienne piste de sable louvoyant au cœur de la forêt tropicale et des vieilles cases ; quelle sérénité… ZIG : cyber, quelques courses et départ vers le nord, objectif : traversée de la Gambie. Nous savons que ce ne sera pas simple mais nous nous promettons de garder notre calme. Pour ceux qui l’ignorent, la Gambie est le plus petit pays d’Afrique, large de seulement 24 km le long du fleuve du même nom, et qui coupe pratiquement le Sénégal en deux d’ouest en est. Il faut donc le traverser pour aller de Casamance à Dakar. Pays anglophone, mais où on roule quand même à droite, il vit de la contrebande (faisant partie de l’ex Commonwealth il trafique avec toutes les anciennes colonies anglaises : tissus pakistanais, thés d’Asie, vieilles bagnoles européennes …), du tourisme essentiellement sexuel (les hollandaises s’un certain âge en raffolent…) mais aussi de sa position stratégique qui lui permet d’être très exigeant avec les sénégalais mais aussi bien entendu avec tous ceux qui veulent traverser… Nous sommes prévenus! Arrivés à la frontière il faut d’abord changer de l’argent au black (2500 CFA) pour pouvoir payer plus loin le bac que l’on ne peut régler qu’en XXX (vous connaissiez vous, cette monnaie ? bon plan pour le jeu des 1000 €) ensuite, acheter à un quidam un formulaire de passavant, triptyque mal imprimé, qui va servir de base à l’arnaque, il faudra en effet le présenter tout au long de la traversée (douane d’entrée, passage du bac, ville traversée, douane de sortie) à la police, à l’immigration et à la douane qui, contre un tampon, exigent chacun 1000 FCFA. Passage de la frontière entrée et de la frontière sortie 2000 CFA à chaque fois, c’est la première fois que je paie pour un passage de frontière ! Le clou, c’est les 15000 FCFA qu’il faut maintenant payer « d’escort fees » car on est véhicule étranger ! Je refuse de payer, exige de voir le chef, on me montre le reçu officiel que l’on me donnera cotre paiement et sur lequel figure bien la somme demandée. Trop énervé, Fafa me relaie et exige d’avoir effectivement une escorte que bien entendu nous n’aurons pas… Arrivés au bac on nous demande notre billet de passage, il fallait l’acheter dans la ville précédente et donc demi-tour… Le bac rate sa manœuvre d’appontage…
A la sortie nouveau contrôle marqué police mais par un type en jeans et tee-shirt aux perroquets bariolés. Je refuse et demande ses papiers : « Direction de Surveillance du Territoire », j’obtempère. Le gars commence alors une fouille méticuleuse de tout l’intérieur du véhicule, ouvrant les boites de tampon de Fafa, les savonnettes … Quand son collègue arrive et commence à faire de même je m’énerve et leur demande « if it is a joke ? » ils le prennent mal et me disent qu’ils peuvent m’amener pour interrogatoire si ils le veulent… Néanmoins, la visite s’arrête, ouf, je nous y voyais passer la nuit. En fait ils devaient chercher une boulette de shit pour pouvoir nous coincer, un comble quand on sait que le pays est très certainement une plaque tournante du trafic africain ! Dans le dernier bureau d’immigration deux cellules exigües bondées de prisonniers (sénégalais ?) qui tendent la main à travers les barreaux en demandant 100 F pour pouvoir payer les frais quotidiens exigés par leurs taulards… Je préfère être à ma place qu’à la leur ! Je leur donne la pièce et sors vite du bureau. Alors que je paie les 2000 CFA pour avoir les derniers coups de tampon de la douanière, son chef me dit, toujours dans un aussi mauvais anglais, tu donnes 3000 et tu peux coucher avec elle si tu veux …Je sors en courant de ce pays pour rentrer dans les douanes sénégalaises, le douanier me souhaite la bienvenue avec un grand sourire, il sait ce que nous venons d’endurer : deux heures et demi d’emmerdements, d’énervements, de frustration de ne pas pouvoir leur mettre un poing sur la gueule … sans compter les 34 000 FCFA (50 €) de la plaisanterie. Vraiment, si vous comptez aller en Casamance, faîtes le grand tour ou prenez le bateau mais surtout ne passez pas par ce pays d’escrocs !
Côté sénégalais nous retrouvons une route nationale tellement défoncée que même les semi-remorques de 30 tonnes roulent sur la piste à ânes latérale, les vélos dépassent les voitures… Epuisés et la nuit venant, nous nous arrêtons sous le premier gros arbre venu. Demain il fera jour… Ce soir double Pastis et merveilleuses crêpes au citron vert de Fafa avant un gros dodo bien mérité. Et bien non, alors que nous étions bien endormis, une délégation d’anciens, du village voisin, vient enquêter avec force torches sur ce véhicule suspect garé tous feux éteints en plein champ d’arachides. Quelques civilités en Wolof par la fenêtre (je suis à poil) et ils s’en vont en nous souhaitant je crois bonne nuit. Nous l’aurons bien méritée.
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B : Lundi 16 mars : Nous décidons de rejoindre le delta du Saloum à travers pistes à la boussole car notre carte n’est pas assez précise. Quel plaisir de retrouver ces petits chemins creux où le sable remplace avantageusement les ornières du goudron. Le camion fait aussi moins de bruit : il faut dire qu’avec tous les mauvais chemins que nous lui avons fait subir, les silent-blocs des amortisseurs ont explosé et ces derniers travaillent comme pour les taxi-brousse, métal contre métal… Vivement un bon petit mécano à Dakar.
Je ne suis pas certain que notre route ait été très droite plein ouest, mais à force de demander nous sommes bien arrivés à Toubacouta. Pourtant ici nous sommes dans une région très wolof musulmane et peu francophone et francophile, donc pas toujours facile d’avoir le bon conseil. De toutes façons ce n’est pas difficile : « C’est tout droit », même quand 200 mètres plus loin il y a trois pistes qui partent… Nous rejoignons le bord du Saloum et ses mangroves : baignade, pique nique, sieste. Nous poursuivons sur Fondiougne, posons le camion sur la plage d’un autre bras du Saloum et re–baignade , sieste, apéro, dîner … cela en deviendrait lassant…Heureusement qu’il faut aussi écrire le blog et ainsi, ne pas se laisser totalement aller… Vous voulez connaître le programme pour demain ? Les plages de la « Petite Côte » et re-baignade, sieste …<o:p>
B : Mardi 17 : Nous traversons par le bac au petit matin, toujours aussi folklo mais nous commençons à en avoir l’habitude.
Nous rejoignons Joal et Fadiouth chers à Senghor en coupant au travers d’une ancienne lagune blanchie par le sel et noyée dans un brouillard assez surréaliste d’où seules émergent les silhouettes majestueuses de quelques baobabs au loin. Trop de toubabs sur cette belle langue de sable battue par la mer qui est forte ce matin. Nous allons piqueniquer un peu plus loin, le long d’un petit marigot protégé du vent par la mangrove. Les toubabs de la maison en arrière nous interpellent au vu de notre plaque 64 : ils sont de Coarraze et d’Ustaritz … leur voisin qu’ils s’empressent d’appeler, est un Darquy d’Itxassou, à la retraite ici au soleil depuis plus de 10 ans ! Apéro sympa, derniers scores de l’Aviron… Nous continuons sur Sali, l’horreur de la concentration touristique de mauvais goût et étrangement vide en pleine saison, puis N’Gaparou où mon ancienne case de paille perdue dans les baobabs est aujourd’hui ensevelie quelque part sous une de ces maisons de grand luxe et déjà à moitié décatie pour un grand nombre qui ont pris d’assaut sans discontinuer cette ancienne plage sauvage… Nous poursuivons chercher un peu de calme à Popenguine, pourtant encore plus proche de Dakar, mais protégée par la présence du palais d’été présidentiel et par les récentes apparitions de la vierge qui en ont fait un lieu de pèlerinage très catholique ! Nous prenons une bière sur la plage avec deux rastas locaux en leur parlant de notre étonnement de voir tous ces couples de vieux toubabs avec des jeunesses locales, ils éclatent de rire en nous disant : « Nous aussi on prend … » et on voit sur le balcon deux quinquas bien roses étendant le linge …
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B : Mercrdi 18 : Plus de 2 heures pour franchir les derniers kilomètres nous séparant de Dakar. Une circulation absolument anarchique et délirante dans ces faubourgs industriels que je ne reconnais pas. Nous voulons faire réparer les amortisseurs de la voiture mais les grands garages ne font que les vidanges et nous renvoient sur les petits mécanos qui envahissent les trottoirs avec les épaves qu’ils rafistolent et leurs palans dans les arbres. Nous échouons chez IBOU et son « garage » en pleine rue, qui nous traine à droite à gauche pour essayer de chauffer au chalumeau les amortisseurs récalcitrants au démontage. Il faut dire qu’ils en ont vu tellement… . Une fois démontés il faut trouver les silent-blocs neufs. .. Nous prenons notre mal en patience, jouons au morpion, mangeons un exceptionnel riz au poisson avec les mécanos et le flic du coin sur un coin de planche sur le trottoir.
Quatre heures plus tard nous rentrons enfin dans Dakar avec un Totoy en pleine forme. Pèlerinage pour moi au 43 rue Félix Faure inchangé,
contrairement à la rue…, sur mes anciens lieux de pêche au Cap Manuel, sur les corniches et enfin à l’université ou seul le nom de l’ENSUT a changé. Dakar s’est beaucoup modernisé mais reste une très belle ville, agréable, aérée et finalement assez bien entretenue (sauf les feux tricolores). Quel contraste avec le reste du pays ! Tout, absolument tout l’argent et le développement associé, est ici. L’ensemble du pays se partage le reste, c'est-à-dire absolument rien… si ce n’est l’Islam …Courses dans un supermarché Casino, mais oui !!! Bivouac incroyable en bord de mer, sur un grand terrain des Almadies, étrangement encore non colonisé par le béton local.