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Notre voyage vers le bénin en passant (en principe) par le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali , le Burkina, le Niger et le Togo. Nos rencontres, nos émotions, notre vie au quotidien ...

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Le long du fleuve Sénégal jusqu'au Mali

SENEGAL

MERCREDI 28

F : notre arrêt pique-nique en pleine brousse déclenche une nouvelle rencontre : une voiture diplomatique s’arrête à notre hauteur : nous sommes invités à boire le thé chez le très respectable Mr ? J’avale en vitesse la sardine à l’huile que je venais d’enfourner pour bafouiller un remerciement étouffé et les mains encore toutes huileuses et transpirant fort sous le soleil de 14h , nous sommes amenés dans le tout proche village dans une pièce assez fraiche pour que « nous nous reposions » . Là dessus la porte se referme et nous retrouvons dans le noir absolu –après l’éblouissant soleil-  d’abord un peu surpris, nous sommes gagnés  par un fou rire : Bernard trébuche dans le noir (eh oui ! encore !) et s’étale sur moi  (évidemment !) en cherchant à s’asseoir…le très respectable Mr ? nous envoie son neveu pour nous faire un peu de conversation ; nous buvons le thé puis gentiment il nous propose de le suivre par les <st1:metricconverter productid="70 km" w:st="on">70 km</st1:metricconverter> de piste jusqu’à la frontière du barrage de Diama sur le fleuve Sénégal… nous voilà donc bien escortés.

Malgré tout le passage de la frontière s’avère fastidieux ….Police, gendarmerie, douane, commune, assurance pour la voiture, etc ... Tout se beau monde en uniforme apathique et méprisant derrière leurs lunettes de soleil « yeux de mouche « ne cherchant qu’à vous extorquer  quelques billets….je fulmine car je me suis fait « avoir ». Nous apprendrons cependant plus tard par un couple rencontré à SAINT LOUIS que finalement nous nous en sommes assez bien tirés : en camping car ils ont du emprunter une autre route et un bac pour le passage du fleuve ; ils se sont fait tellement arnaquer qu’ils n’ont même pas osé nous dire le montant ;  Ecœurés, (ils avaient percés leur carter d’huile peu de temps avant…) , ils nous ont confié qu’ils ne reviendraient plus.

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Nous filons vers SAINT-LOUIS ; Bernard me décrit un peu la ville qu’il connaît déjà, ses veilles maisons coloniales décaties , l’ambiance tranquille qui y règne …Nous sommes interrompus par un premier contrôle de gendarmerie : « droit de passage, assurances… » pas de problème ! on a tout Mr le gendarme !  lecture détaillée des documents, puis verdict tranchant : TSSS ! ce papier là , il est pas bon ! le droit de passage il est daté au 29 Janvier, or nous sommes le             28 !.....on se regarde, Bernard et moi, incrédules et on explose simultanément en vives exclamations, où il est dit à peu près tout ce que l’on ruminait depuis la frontière sur nos hommes en uniformes…notre gendarme, nous suggère de faire demi tour et de repartir à la douane ! pas question ! on reste là ! on attendra minuit (il était 17 h) et à minuit une on repartira…On se gare sur le bas côté et finalement  au bout de quelques minutes notre gendarme nous laisse passer avec la belle formule : « Allez, je vous arrange … » mais que nous faisons semblant de ne pas comprendre…  ouf !

Nous traversons le fier pont Faidherbe au soleil couchant et installons notre bivouac au bout de la langue de Barbarie, exactement à l’embouchure du fleuve.

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JEUDI 29

B : Aujourd’hui nous restons à Saint Louis pour profiter de l’extraordinaire charme de cette ville aux façades décaties et au parfum revenant le matin chargées à ras bord de tonnes de « Yaboy », sorte de grosse sardine grasse et base du légendaire « Thieboudiène » (riz au poisson) sénégalais que l’on mange même à <st1:metricconverter productid="500 km" w:st="on">500 km</st1:metricconverter> de la mer. Le Quartier de Ndar , en haut de la langue de Barbarie est donc le siège d’une activité indescriptible entre déchargement des pirogues, chargement dans les camions, fumage sur place du reste, façonnage des pirogues à la hache directement dans les troncs d’arbre, au milieu bien entendu de tous les petits métiers de voleur de poisson tombé, vendeur de poche plastique, rafistoleur de cageots … le tout, dans une marée d’immondices essentiellement de sacs plastique, vieilles chaussures,… recouvrant le sol (dois-je dire la plage du fleuve…) sur une épaisseur de plusieurs dizaines de centimètres.

Promenade ensuite dans les vieilles rues beaucoup plus calmes et nonchalantes de « l’île », Thieb et poulet Yassa (aux oignons) dans un petit resto , rencontre avec un jeune super sympa (ZAP) dans le petit magasin d’expo de son ami artiste (ZEUS) et retour sur notre plage de la veille à l’embouchure du fleuve. Lecture, peinture. suranné d’une colonisation qui semble encore très proche. Mais Saint Louis c’est avant tout l’embouchure du fleuve et sa fantastique activité de pêche avec des centaines d’immenses pirogues sortant tous les soirs

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VENDREDI 30

B : Superbe cyber d’une quinzaine de postes mais en 30 minutes nous n’avons pas réussi à nous connecter à nos boites mails, débit trop lent, alors ne parlons pas de blog … Nous allons à l’université et moyennant quelques menues finances négocions un poste au milieu des étudiants en plein travail derrière leurs ordis avec l’Université Mac Gill au Canada. Nous repartons avec le N° de portable de notre nouvel ami, le chef de la sécurité de l’Université qui nous fait promettre de l’appeler si nous revenons au Sénégal.

Après presque <st1:metricconverter productid="6000 km" w:st="on">6000 km</st1:metricconverter> de sud, nous partons maintenant plein est, et cela fait bizarre de rouler le matin avec le soleil en face. Le paysage change complètement : nous sommes maintenant dans la savane africaine, peuplée ici et là d’acacias au tronc foncé, au port élégant et au feuillage très léger, éparpillés sur un sol de sable net et dégagé. Mais attention ces arbres sont redoutables pour qui ne s’en méfie pas, ils sont armés d’épines très dures de plusieurs centimètres et si par mégarde vous roulez sur une branche morte, vous pouvez crever pendant des milliers de kilomètres, au fur et à mesure de l’usure du pneu.

Nous nous arrêtons un peu à l’écart de la route au bord d’un affluent du fleuve. Grand moment de bonheur et de calme : baignade, toilette, lessive, autour de nous les hommes viennent faire boire et laver leurs chevaux, les femmes seins nus se lavent et font la lessive, les enfants s’éclaboussent, un vieux monsieur essaie de pêcher à l’épervier.

Le soleil se couche et donc nous aussi …

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SAMEDI 31

B : Nous passons Richard Toll et Podor, anciens comptoirs commerciaux sur le fleuve avec leurs anciens entrepôts et maisons de colons, puis quittons assez vite la nationale 2 et ses nids de poule pour prendre une très bonne piste sur l’ « île à Merfil » entre deux bras du fleuve. Cette piste digue (contre les inondations) rejoint les différents villages lovés dans les coudes du fleuve et qui vivent semble t’il assez bien d’un actif et verdoyant maraichage : tomates, oignons, maïs, mil, gombo (comme nos piments mais verts selon Fafa)… partout les mêmes scènes de travail en groupe à la houe pour creuser les sillons d’irrigation, récolter… partout les mêmes « Toubabs, Toubabs ! » qui fusent avec gentillesse, la joie des enfants qui veulent tous nous serrer la main, les anciens qui profitent d’une occasion trop rare pour venir échanger quelques mots dans un français académique et désuet à la fois. Le soir nous nous arrêtons un peu trop près du village, toujours sur la plage du fleuve et nous devons un peu élever la voix pour essayer de trouver un peu d’air autour du camion. Ils arrivent par groupes successifs, les jeunes garçons, puis les ados puis les filles, quand ce n’est pas des adultes et s’assoient à quelques centimètres de nous en nous observant. Difficile aussi de leur demander de s’éloigner, c’est eux qui sont chez eux …

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F -DIMANCHE 1er fevr

Nous suivons toujours le fleuve .un peu d’agriculture  fait vivre la population des petits villages environnants ; l’irrigation à bien du mal à récompenser les efforts des paysans. IL fait très chaud dans la journée ; nous avons vu des champs entier de mil dont chaque épi était emmailloté dans des petits morceaux de tissus afin de ne pas être mangé par les oiseaux. Il y a effectivement, pour notre plus grand bonheur, beaucoup d’espèces d’oiseaux içi.

J’ai oublié de vous dire que nous avons croisé sur notre route : un singe, 3 phacochères, 2 varans, (espèce de gros lézard) et puis un gros serpent qui s’est laissé glisser d’un arbre dans l’eau…

Bernard passe ses soirées béat devant le délicieux spectacle des joyeuses africaines au bain….Bon,  ce soir je lui pardonne parce qu’il est entrain de s’acharner à faire des braises avec des épineux pour faire griller la viande de zébu que  nous avons achetée ce matin.

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F : LUNDI 2 : en route pour le MALI !

Le paysage change ; hautes herbes jaune paille, des arbres aux troncs cuivrés par le soleil qui descend, et puis ces incroyables baobabs ; ils apparaissent de façon clairsemée, me faisant sursauter à chaque fois tant leur forme excentrique m’intrigue et m’amuse à la fois; plus ou moins trapus, plus ou moins coniques, avec leurs petits bras qui semblent s’agiter vers le ciel - ils défient le temps, débordent d’imagination pour ne pas ressembler au baobab voisin – puis leur nombre s’accroît et bientôt ils s’imposent et règnent en maître, là où plus rien ne veut pousser .

Au détour d’un virage, prés d’un point d’eau nous surprenons un grand groupe de singes cinocéphales: nous restons un bon moment à les regarder et eux aussi.

Nous passons la frontière à KIDIRA /DIBOLI sans difficultés, (peut-être commençons nous aussi à être rodés par ces démarches…)

Nous traversons les premiers villages maliens et les couleurs sont de plus en plus belles au couchant ; Nous suivons une piste tape-cul ( cailloux, puis sable, puis montées, puis rochers plus ou moins stabilisés, pans de pistes effondrés avec le fleuve en contrebas …brrrr c’est moi qui conduit et j’ai du faire les ¾  du parcours en apnée (d’ailleurs Bernard aussi par voie de conséquences !). Nous nous arrêtons  sur un surplomb magnifique tout près des  chutes de Félou. D’emblée nous décidons de passer la journée de demain dans cet endroit pour en profiter au maximum.

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F: MARDI 3 :Le paradis? C’est içi !  il faut imaginer un ammoncèlement de gros blocs de grès gris , percés d’énormes cuves (érosion faite par les gravillons qui tournent dans ces marmites du diable quand les eaux sont hautes) émergeants des eaux émeraudes du fleuve Sénégal,

 et puis plus haut une cassure du relief et le fleuve qui s’épanche en cascade mousseuse…Bon,  vous verrez les photos ! en tout cas  on est super bien içi :ce matin : baignade,
visite accompagnée du site avec un guide très compétent qui nous a appris beaucoup de choses, puis petite bière dans le bled voisin (la première depuis notre départ !)- nous avons assisté à l’improviste à une pièce de théâtre de rue sur le thème du refus de la pratique de l’excision – évidement on n'a rien compris aux paroles mais c’était vraiment chouette de voir tout le village attentif et participer.

Demain on revient sur KAYES pour retrouver le goudron ; il paraît qu’ils existe des chutes encore plus belles après mais la piste est paraît'il vraiement difficile, voire dangeureuse et comme nous sommes raisonnables ...

Mauvaise news quand même, la première de puis le début: nous nous sommes fait piquer notre magnifique téléphone satellite, très certainement par les dizaines d'enfant qui avaient entouré le camion le matin au moment du départ à l'école. Donc pour l'instant, impossible de nous joindre autrement que par les e-mails.

 

B: Mercredi 4

Cette nuit je n'ai vraiement pas bien dormi avec ces histoires de téléphone volé, pourtant le spectacle du soleil levant sur ce chaos de rocher est toujours aussi beau!

Donc, ce matin, visite au chef du village puis au directeur de l'école de Médine pour leur parler de notre problème de téléphone. Ils vont "diligenter une enquête"; nous n'avons pas beaucoup d'espoir mais quand même ... d'autant qu'ils semblaient réellement navrès et attristès, d'abord moralement et parceque ensuite ils comptent beaucoup sur le tourisme qui va se développer avec la nouvelle route que leur construisent les chinois. Quand on voit un endroit aussi beau c'est évident. Nous en profitons pour visiter le fort de Médine en cours de restauration (ou plutôt reconstruction) avec un maçon français, lieu chargé d'histoire de France puisque Faidherbe, en arrivant par le fleuve,  réussit à en faire lever le siège qui durait depuis 3 mois, et plus récemment, planque de l'or de la banque de France entre 1940 et 1945 dans des caisses estampillées "Danger explosifs"!!!

Nous profitons d'une assez bonne connection internet pour vous passer ces news, mais pour les photos il faudra attendre un peu plus de débit, à Bamako, nous l'espérons.

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