F : semaine 2- jeudi et vendredi (bon c’est déjà pas mal comme repère non ?) Nous remontons vers le Nord-est pour passer quelques jours dans les montagnes de l’ADRAR à environ 500 Km avec le fameux IDOUMOU .
sur la route nous nous arrêtons dans l’oasis assez incroyable de Terjit; c’est une enclave très étroite entre des falaises de roches dressées à la verticale, une palmeraie contribue au maintien d’une fraîcheur absolument incongrue dans cet univers de poussière et chaleur que nous traversons depuis des heures. Un joyeux petit ruisseau d’une eau limpide sautille avec un doux bruit comme une caresse apaisante (c’est beau non ??). Nous sommes invités et reçus comme des princes à Atar, chez un ami d’IDOUMOU qui dirige un petit groupe de guides.
Rencontre et discussions très intéressantes -on dort chez lui dans une maison très spacieuse et de grand standing (par rapport au reste ; de l’extérieur ca fait belle maison bourgeoise- le tourisme ca paye….) ; à l’intérieur : RIEN !une dizaine des pièces complètement vides pas d’étagère, pas de meuble. La cuisine se fait sur un réchaud par terre. Seuls des matelas à même le sol dans une salle. Ca fait vraiment drôle ; pas d’eau, ni électricité bien sûr.
Je participe à l’élaboration du repas : un tagine de chameau (c’est la première fois que j’en mange et vraiment c’est très bon) . Je papote un peu avec le cuisinier sur le thème des mœurs alimentaires et j’ai la stupéfaction d’apprendre qu’autrefois il existait « le gavage de » ; des filles que l’on engraissait littéralement à coup de 15 litres de lait + semoule par jour pour qu’elles deviennent le plus obèse possible, critère de choix paraît-il pour faire un « bon mariage »….je bénis en silence la bonne étoile qui m’a si gentiment déposée sur notre chère terre aveyronnaise !
<o:p> </o:p>
F : samedi : nous avons eu la chance de participer hier soir à un mariage qui réunissait tout le village de OUDANE où nous étions . … Après une séance d’habillage qui nous a valu un bon fou rire,
nous nous retrouvons, Bernard en boubou et moi emberlificotée dans un voile, au milieu d’une foule bien motivée à profiter de l’évènement. Les s’installent en cercle autour de la piste de danse et papotent en s’interpellant d’un bout à l’autre , les hommes restent en arrière ; les mariés arrivent, la fille est voilée complètement c'est-à-dire qu’elle n’a même pas d’ouverture pour les yeux, -on doit la guider par la main- et ce pendant les trois jours que dure la noce. Les griots s’agitent tant et plus pour échauffer l’ambiance qui monte vite… Voilà au moins des gens qui savent faire la fête sans une goutte d’alcool ni autre artifice et sont simplement heureux avec un peu de musique et quelques heures passées tous réunis…. Nous sommes aussi vraiment surpris de voir avec quelle simplicité et amitié ils nous ont accueilli et accepté dans leur soirée. Merci encore ZOUEIRA (notre hôtesse) pour nous avoir permis de vivre cela.
Après la noce, les époux restent dans leur famille respective pendant un an encore, avant de pouvoir s’installer ensemble.
<o:p> </o:p>
Aujourd’hui nous avons fait 110 km de sable entre OUADANE et CHINGUETTI ; Nous nous sommes ensablés 5 fois dont une assez rock and roll…ce qui fait qu’on a un peu oublié d’apprécier le paysage. Notre cher IDOUMOU avait beau nous répéter « yapadploblem ! », « cétoudloi ! », on a bien cru que l’on allait passer la nuit dans le désert…
On commence à s’habituer à la nourriture sablée ; Il paraît qu’au bout d’un certain temps on fait du « caca pané » (dixit Bernard) !
<o:p> </o:p>
B : dimanche 25 janvier : (cela fait bizarre de réaliser que l’on est en janvier…) Hier nous sommes aussi allés retrouver mon ancien chamelier avec qui j’avais eu une complicité assez exceptionnelle il y a 7 ans. Je lui avais promis de lui apporter des cordes pour ses chameaux, car il avait vraiment beaucoup de difficultés avec ses vieux morceaux de sisal raboutés et qui cassaient tout le temps. Nous avons malheureusement appris qu’il était décédé depuis un an des suites d’une infection mal soignée. Nous avons quand même retrouvé son campement pour porter à sa famille les bouts du bateau que j’avais amenés. Nous avons bien entendu été très bien accueillis, les 3 thés, les arachides, petits gâteaux et « zérig » petit lait de chèvre et de chamelle allongé d’eau, bu très frais et sucré. Je dois avouer que nous n’avons pas terminé notre calebasse, ce qui a fait rire l’assistance mais leur a aussi permis d’en avoir un peu plus…
Nous sommes reçus encore ici chez Idoumou avec de grandes marques d’hospitalité et de gentillesse et cela nous permet de découvrir l’environnement quotidien d’une famille de Chinguetti ce qui est difficilement imaginable, même quand on a un peu voyagé comme nous.
Ce matin, visite de l’une des 16 bibliothèques privées de la ville, l’une des plus connues, celle d’Ahmed Cherif, qui compte plus de 1400 manuscrits (12 000 dans la ville), dont 2 sur peau de gazelle... Explications passionnantes du propriétaire qui nous a fait toucher du doigt la splendeur culturelle qu’a connue cette ville. Aujourd’hui, quand on en parcourt ses ruelles ensablées entourées de murs effondrés et jonchées de détritus et de sacs en plastique, on en perçoit beaucoup plus la décadence même si la magie de ses vielles pierres reste intacte. Cette sérénité communicative est très malheureusement troublée à tout moment par les très pesantes et incessantes sollicitations des enfants et des se rabattant sur les 2 seuls touristes afin de leur extorquer un cadeau ou essayer de leur vendre leur artisanat.
Après le déjeuner traditionnel chez Idoumou (nous commençons à arriver à manger avec seulement la main droite dans le plat commun posé par terre sans trop en mettre partout) départ dans le désert avec deux chameaux et le chamelier de la famille. Près de 3 heures dans les dunes, émerveillés à chaque pas par un caillou, une fleur, la teinte du sable…
A la nuit tombante, nous retrouvons nos amis que nous suivions à la trace mais qui nous avaient quelque peu distancés ! On commençait à flipper un peu. Il faut dire que ce n’est pas simple de marcher dans le sable et eux, ils le font depuis qu’ils sont tout petits. Le bivouac est installé face au soleil couchant avec au loin une oasis et bien entendu la mer de dunes. Suit un repas traditionnel au feu de bois, galette cuite dans le sable et thé, thé, thé . Nous nous enroulons dans les sacs de couchage, chèche et bonnet sur la tête, il fait un peu froid, mais quel bonheur !
<o:p> </o:p>
B : Lundi 26 : le soleil n’est pas encore levé et le feu crépite déjà sous la théière. Fafa paresse encore un peu dans le sac, le chamelier part chercher les chameaux qui broutent dans le lointain, petit déjeuner goulument avalé nous repartons dans la lumière exceptionnelle du matin. Les poches de Fafa s’alourdissent de tous les cailloux ramassés et finalement elle ne se fait pas trop prier pour tenter l’expérience du chameau ponctuée d’un retentissant « ASTOPITUAAAAAA » (en phonétique béarnaise, désolé Jon) lorsque celui-ci s’est relevé. (la vidéo confirmera !) Retour à Chinguetti, séance de cadeaux qui nous gène un peu, regonflage des roues du camion (nous ne lui avons toujours pas trouvé de petit nom) et départ, toujours avec Idoumou, par la piste pour l’Oasis de Mhaïreth. Absolument de toute beauté, on la découvre tout d’un coup allongée à plusieurs centaines de mètres au fond d’une cassure assez impressionnante (la piste aussi …) dans le plateau gréseux. Oasis et donc palmiers dattiers mais aussi des centaines de grandes cases circulaires de toute beauté recouvertes de paille et abritant les hommes pour certaines, les animaux pour d’autres…
D’autres cases carrées en banco mais aussi des cabanes toutes aussi amusantes les unes que les autres, faites dans les gros bidons d’huile, essentiellement BP d’ailleurs (à moi Jef, je te ramène les photos). Malheureusement l’ambiance est une fois de plus entachée par le véritable harcèlement que nous subissons de la part des gamins (qui nous poursuivent jusqu’en haut de la montagne) et des qui veulent nous vendre leurs colifichets en plastique imitation ambre. Le tout se terminera bien au calme, calfeutrés dans notre petit cocon Toyota. Nous apprenons par le téléphone satellite la tempête sur le sud ouest et sommes sidérés par ces nouvelles
<o:p> </o:p>
B : Mardi 27 : Départ de notre oasis, route de retour à Nouakchott, toujours avec Idoumou qui ne lâche plus la place allongée sur les coussins à l’arrière, toujours les mêmes contrôles de la police, des douanes, de la sûreté nationale et de la gendarmerie, cette dernière allant même jusqu’à nous demander de leur refiler des lunettes de soleil ou un peu de gaz oil (pour leur usage perso bien entendu). Retour chez Olivia, rencontre assez émouvante du fils d’Idoumou, 8 ans et très mignon que son père a appelé Bernard, oui oui Bernard, cela doit bien être le seul Bernard noir de Mauritanie… Séance photo, cyber café et voilà … Demain, vidange du camion (déjà 5000kms !) et départ pour Saint Louis au Sénégal. L’aventure continue mais avec un peu plus de vert et de chaleur aussi nous espérons car ici il fait bien frais !
<o:p> </o:p>
LA RUBRIQUE « BILLETS »
Une nouvelle rubrique apparaît sur notre blog. Dans cette rubrique, viendront nos billets du jour, billets d’humeur, coups de gueule, coups de cœur, enfin tous les sujets dont nous aurons envie de vous parler sans être forcément en relation avec le lieu ou le moment de notre voyage. Premier billet déjà écrit depuis quelques jours durant la longue descente du Sahara occidental : « Nos compagnons de route les cairns.
<o:p> </o:p>