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Notre voyage vers le bénin en passant (en principe) par le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali , le Burkina, le Niger et le Togo. Nos rencontres, nos émotions, notre vie au quotidien ...

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Retour à la case départ ...

B : Dimanche 29 : Il pleut, le ciel est tout noir, nous restons au lit à flemmarder, il va falloir tuer le temps aujourd’hui ; nous envisageons même d’aller au cinéma … Mais avant tout le cyber pour vous donner des nouvelles. En fait, comme nous n’arrivons pas à trouver de cyber avec Firefox, le plus simple est de trouver des connections en Wifi avec notre propre ordi ce que nous faisons depuis déjà plusieurs semaines. En afrique noire c’était simple, il suffisait de se garer devant un cyber qui en général lui-même taxait le wifi d’une boite ou d’un hôtel à côté. Ici c’est plus dur les connexions sont protégées ou trop faibles et nous tournons sous la pluie dans toute la ville pendant 2 heures. Après 5 ou 6 tentatives qui n’avaient pas un signal suffisant pour passer les photos, nous finissons par trouver une bonne connexion entre le palace Casino et le Sofitel. Nous garons notre Toy déguelasse avec les cantines et le four sur le toit derrière une Porshe Caïman (je ne savais même pas que cela existait) et 2 Porshes Cayenne… Alors que nous alimentons tranquillement le blog sous une pluie battante et la protection de la Police garée à côté, Marie et Vincent nous appellent sur Skype depuis New York, nous parlons ensemble un quart d’heure tout en les voyant sur l’écran en pleine(s) forme(s) dans leur appartement au petit matin … Assez anachronique et super sympa ! Nous trainons un peu dans la ville entre deux averses et retour camping pour ragout de petits pois au chaud (mais à l'étroit) dans la voiture.

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B : Lundi 30 : Temps maussade mais il ne pleut pas. Nous avons RV avec notre petit mécano sur le parking du Mac Do. En deux secondes il a vu ce qui clochait sur Totoy, nous lui laissons la voiture pour la journée. Destination les jardins Majorelle toujours aussi magiques mais archi bondés de touristes, déjeuner sur la place et avec un demi kg de fraises acheté 0,50 €uro ! L’après midi au calme dans un café littéraire installé dans un ancien palais rénové dans la vieille ville ; sieste au soleil sur la terrasse pour Fafa, bon bouquin pour moi en bas du ryad. Nous récupérons Totoy en pleine forme, avec un bon graissage et des injecteurs recalibrés.

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B : Mardi 31 : Route sans problème vers Fès entre Atlas magnifiquement enneigé et Moyen Atlas dans un décor de champs de blé d’une incroyable verdeur, saupoudrés d’éclatants coquelicots et parfois même envahis de Reine Marguerites jaunes pales au cœur tout jaune. La région est très riche avec en plus du blé ses oliviers et ses vergers. Arrivés à Khénifra nous quittons la nationale pour nous élever dans la montagne du Moyen Atlas à la recherche des forêts de cèdres. Nous arrivons au lac Aguelmane Aziza dont je gardais un souvenir ému depuis mon premier voyage en 1974 ! Le lac a bien diminué mais reste aussi beau, enchâssé dans les forêts encore un peu enneigées.

Un grand troupeau de brebis pâture sur la gauche de la route. Alors que je contourne avec précaution un petit agneau de quelques jours endormi sur le bord du chemin, celui-ci prend peur et se jette sous les roues arrières : écrasé net ! Le berger arrive affolé, grand jeu de comedia del arte, comme si j’avais anéanti le troupeau. Il refuse mon indemnisation et se jette devant la voiture, armé d’une pioche pour nous empêcher de partir. Je lance une grande marche arrière pour m’arracher de ce mauvais pas mais la roue arrière tombe jusqu’à l’essieu dans un regard bétonné d’évacuation des eaux. Totoy est bloqué et il faut le sortir de là vite et par nos propres moyens car nous sommes en pleine montagne et que la nuit ne va pas tarder à tomber. Le berger vocifère toujours, exigeant 100 euros de dédommagement et un petit groupe s’est déjà constitué. Avec le cric et des pierres nous parvenons à remettre le toy sur ses roues. Pendant ce temps un marocain sympa et très fin, qui a fait ses études à Montpellier, a compris la difficulté de la situation et joue le négociateur. Après une bonne heure de tergiversation il parvient à un demi accord dans lequel Fafa cède une veste d’hiver et quelques menue fanfreluches en complément du prix raisonnable que nous proposions et nous partons assez vite sans demander notre reste. Mauvais moment mais cela aurait pu être beaucoup plus difficile… A la nuit tombante nous poursuivons notre route mais celle-ci monte, la neige apparaît sur les bords et l’endroit n’est pas très engageant pour dormir seuls. Nous finissons par demander asile à un gardien d’un chantier d’école sur un plateau à 1700 mètres d’altitude au milieu des briques et des parpaings…

 

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B : Mercredi 1er avril : Nous quittons notre chantier au lever du soleil pour petit déjeuner en pleine montagne à près de 2000 mètres au beau milieu d’un grand champ de neige. La matinée est tellement belle au milieu de ces extraordinaires forêts de cèdres sous la neige que nous nous installons au soleil au milieu de cette nature de très grande beauté et virginité. Nous ne verrons pas les singes qui habitent ces forêts par contre un très beau renard qui revient après avoir détalé pour nous observer derrière une butte de neige. Déjeuner dans la neige, Fafa veut même tenter la luge avec les plaques de désensablage ou le sac Ikea, mais nous n’avons pas les bonnes chaussures et nos tennis emmaillotés dans des sacs poubelles commencent à prendre l’eau. Descente à regrets sur Fès sur une route de plus de 60 km pavoisée tous les 100 m en l’honneur du prochain passage du roi. Toujours le même enchantement dans cette ville si sympa. Fafa est conquise. Dans les embouteillages de la ville un marocain cherche à nous serrer, pour nous accrocher ? Après une tentative infructueuse il y parvient et vient nous cogner sur le côté. Il s’arrête en plein milieu en vociférant… Ca ne va pas recommencer ! Je me dégage et me gare. Le marocain gueule, l’attroupement se forme, le flic qui fait la circulation me dit d’aller chercher mes papiers… Nous voilà encore mal barrés ! Un jeune sympa me dit. « Ne t’ennuie pas, il n’y a aucun problème, passe la marche avant et tire toi vite » ce que je décide de faire en accord avec Fafa. Après tout, il n’y a pas de raison que je ma fasse avoir et que je tombe dans le panneau ! Je ne sais pas si ce sont des pratiques courantes mais je pense très certainement qu’il cherchait la bonne poire de touriste qui allait aligner un billet en euro pour ne pas être emm… En attendant Totoy n’a absolument rien et lui, il doit avoir un bon souvenir de nous ! Nous cherchons le camping de nuit, les indications du guide nous disent de prendre l’autoroute de Rabat et de sortir 5 km après, à la première sortie, mais voila, en fait la première sortie est Meknes, 50 km plus loin, où nous avons donc échoué ce soir. Ne riez pas, la même mésaventure m’était déjà arrivée il y a deux ans avec le même guide !

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B : Jeudi 2 : Nous essayons de visiter le grenier et les écuries royales mais fermé pour cause de travaux. La ville est par ailleurs en ébullition en attente de la visite du roi pour l’inauguration du SIAM, pas le même que chez nous mais presque, le salon de l’agriculture. Retour à Fès où le Roi est sur le point d’arriver et les avenues commencent à être fermées. C’est donc toute la région de Fès, Meknes, Ifrane qui est mobilisée pour cette visite royale, des dizaines de milliers de drapeaux, des milliers de policiers, des centaines de kilomètres de trottoirs et de lignes blanches repeintes, des kilomètres de barrières installées dans les villages, des centaines de portraits majuscules du roi affichés, les ampoules de lampadaire changées, les parterres fleuris …étonnant … ! Nous fuyons la ville avant d’être bloqués et prenons la route du nord (bien entendu …) mais vers le nord est et non pas le nord ouest, voulant faire un dernier petit détour par la côte méditerranéenne avant de rentrer …Nous nous arrêtons une fois de plus devant un paysage bluffant, dans un champ en haut d’un promontoire dominant une très belle vallée plantée d’oliviers, au loin le Rif enneigé que nous traverserons demain. Il fait frais, coucher 19h30 !

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B : Vendredi 3 : Nous traversons le Rif avec une pointe d’appréhension car c’est la zone de production de 80% du kif mondialement consommé et l’on est toujours ennuyé, d’autant qu’avec notre camion un peu baroud et une barbe de trois mois nous risquons d’être pris pour des clients potentiels venus refaire le stock annuel… Fafa n’en revient pas, la montagne est entièrement cultivée du bas jusqu’en haut et irriguée par des milliers de kilomètres de tuyaux. 800 000 personnes vivent des 47 000 tonnes de cannabis produites en moyenne dans la région. Officiellement la production est tolérée mais pour seulement une consommation personnelle et la revente est interdite. Cela voudrait dire que chaque rifain, enfants compris, consommerait près de 60 kgs de kif par an ! Belle hypocrisie… La région de Kétama est dans un état d’abandon impressionnant, les hommes errent sur le bord de la route, l’œil vague, nous proposant leur production ; même les enfants s’y essaient. Nous feignons de ne pas les voir, passant notre chemin vitres levées et portières verrouillées. A la différence même d’il y a deux ans, nous ne sommes pas ennuyés par des vendeurs en voiture qui cherchaient à vous coincer par tous les moyens. La route est belle et nous croisons encore la neige avant de redescendre vers Al Hoceima ; pas vraiment la route directe pour rentrer à Itxassou, bon d’accord, mais on vous promet, après on ne fait plus que de l’ouest et du Nord. Parillada de poisons dans un troquet du port : crevettes, supions, solette, rouget, petit merluchon, tranche d’espadon, queue de raie et deux sardines pour chacun … ! Sieste sur la plage qui s’imposait… En route vers Cala Iris, toujours sur les traces du voyage d’il y a 34 ans mais en 2CV et 204 à l’époque. La piste laisse place à la voie rapide en construction qui désenclavera toute la région. Anse de rêve inhabitée et inchangée depuis 1975 (cela ne va pas durer !), immense plage que nous partageons avec une famille de marocains. Long bain dans une eau à peine fraîche. Bivouac sur la plage à Torres, l’anse d’à côté, sous la protection de la gendarmerie qui nous l’a gentiment proposé. Ambiance tranquille à côté d’un petit troquet, les marocains buvant leur café au lait devant le coucher de soleil en tirant sur la pipe à kif et en jouant aux petits chevaux.

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B : Samedi 4 : Mauvais réveil pour tous les deux, nous avons une grosse tourista qui nous tord les boyaux… Nous décidons quand même d’essayer d’avancer et prenons une incroyable piste qui part à l’assaut des falaises dominant la mer. Notre dernier petit parfum d’aventure dans un décor grandiose. Nous rejoignons la route intérieure en construction, indescriptible chantier qui tente d’escalader tous les pignons rocheux et redescend à chaque fois au fond de l’oued au niveau de la mer. Mieux vaut avoir un 4x4 pour effectuer ces 100 kilomètres qui nous prendront plus de 3 heures.

La route-piste rejoint ensuite le bord de mer mais fait aussi l’objet d’un immense chantier. Fafa est parfois un peu inquiète mais le paysage est à la hauteur des émotions : criques désertes et immenses plages pas encore gagnées par la folie de la promotion immobilière de ces futurs « resorts » comme ils vont jusqu’à dire. Total, la journée entière pour faire moins de 200 km mais nous ne le regrettons pas ! Tétouan, pleins de gas-oil, dernières courses pour liquider les dirhams restants et gros b…. habituel de la frontière dans un concert de klaxons inouï !!! Fafa reste bloquée près d’une heure aux différents guichets, explication : n’ayant pas d’ordinateur à la frontière avec la Mauritanie les douaniers n’ont pas saisi notre entrée (et peut être même pas notre première sortie il y a trois mois…) et donc ils ne comprennent pas comment on veut sortir alors que nous ne sommes pas rentrés ! Le chef finit par donner le coup de tampon tout en nous disant que c’est de notre faute, nous aurions du demander aux douaniers si ils avaient bien enregistré notre passage (sur quel ordi ???) ! Une histoire de fous, une de plus me direz-vous dans ce feuilleton de passages de douanes. Arrivés côté espagnol nous allons directement à l’embarcadère du Ferry ; il est 18h30, par chance il y a un bateau à 21h, embarquement à 20h30, nous avons deux heures à tuer. Nous sommes seuls à attendre sur l’immense parking des départs avec deux jeunes en camping car. Alors que les nouilles finissent de cuire, un employé de la compagnie nous demande quel bateau nous prenons : « El de las nueve, porque » ? « Porque se esta marchando ! » Nous avions oublié qu’il y avait 2 heures de décalage… Nous rentrons en catastrophe dans le Ferry vide qui ferme ses portes derrière nous, j’en renverse même les nouilles par terre dans le bateau. 40 minutes de traversée, nous voilà vomis du bateau dans le port de containers éclairé comme en plein jour, puis éjectés sur l’autoroute de Malaga, bonjour la transition… Nous avançons un peu comme des zombies jusqu’à la première station service, nous tirons les rideaux, c’en est assez pour aujourd’hui…

 

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B : Dimanche 5 : Malgré l’autoroute toute proche et les crampes à l’estomac, la nuit n’a pas été catastrophique. On a quand même connu mieux et plus bucolique. Petit dej expédié sur notre parking. Pas de photo ce matin, alors que je crois avoir photographié tous nos bivouacs. Horreur des paysages urbains de Marbella, Torremolinos, Marbella … Les paysages d’oliviers et de vignes se font beaucoup plus beaux vers Grenade et Jaen. Déjeuner à l’ombre des oliviers, puis la Mancha et ses vignobles à perte de vue bien que beaucoup soient comme en France arrachés, ne laissant dans le vide que les petites maisonnettes blanches des anciens ouvriers vignerons. Mais nous ne regardons pas trop le paysage, nos pensées vagabondent beaucoup plus loin, vers cette Afrique déjà si lointaine, si différente, si éloignée de tout ce que nous voyons. C’est un drôle de mélange d’impressions qui nous envahit : nous nous sentons à la fois rassurés devant l’ordre, l’organisation, la propreté … mais aussi un peu écœurés devant une telle profusion de richesse, de technologie, de « matuvuisme »… Impression aussi de vide, d’absence de vie ; ici seules les voitures bougent et les cheminées d’usines fument.. . Bon bon, j’arrête ! Ce soir dernier petit bivouac avec, si le cœur nous en dit, une grillade de sardines marocaines et un petit vin blanc bien frais ! Traversée de Madrid sans encombre un dimanche après-midi, col de Somosierra, la neige n’est pas loin, descente sur Aranda del Duero. Un peu à l’écart de la quatre voie une belle chapelle sur les hauteurs, ce sera notre dernier bivouac. Nous avions passé notre première nuit, il y a trois mois, dans la neige, sous la protection d’une petite chapelle romane non loin de là, nous terminons notre voyage de façon tout à fait similaire. Petit apéro au vin blanc frais marocain mais pour les sardines c’est pas encore tout à fait ça, nous nous contenterons de patates bouillies … C’est quand même incroyable, pas un seul petit bobo, pas un seul cachet même d’aspirine pendant tout le voyage et nous revenons tous les deux le dernier jour les boyaux en huit ; Il doit y avoir du psychosomatique dans tout cela …

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B : Lundi 6 : Nous quittons notre ermitage de Nuestra Señora del Lorio avec regret après un dernier petit dej dans l’herbe (fraîche quand même ce matin…). Les paysages redeviennent familiers, les sorties d’autoroute connues… La lumière reste un peu étrange et la végétation si peu avancée nous surprend par rapport aux derniers jours passés au Maroc.

La nostalgie de ce grand et beau voyage est prégnante, mais bien entendu la joie de retrouver tous les nôtres est forte et bien présente. La réadaptation sera quand même très certainement difficile, nous nous y attendons…

A midi nous serons à Itxassou, cela fait tout drôle et l’on a peine à le croire… Ce post écrit dans la voiture sera donc le dernier et nous vous remercions d’avoir été aussi nombreux et fidèles dans le suivi de nos pérégrinations. D’ici quelques jours nous écrirons peut être une post face en guise d’épilogue pour vous faire partager les grandes impressions qui resteront de ce voyage qui aura été sans conteste très largement au niveau des espoirs que nous y avions placés et qui s’est par ailleurs déroulé dans les meilleures conditions qui soient, tant du point de vue matériel que personnel…Nous sommes heureux, toujours aussi amoureux et déjà des idées de prochains voyages …

 

 

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