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Notre voyage vers le bénin en passant (en principe) par le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali , le Burkina, le Niger et le Togo. Nos rencontres, nos émotions, notre vie au quotidien ...

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Du Mali au Burkina Faso,

F : vendredi 6 : nous avons donc sagement dormi chez les sœurs …, après pas mal de déambulations dans un labyrinthe de ruelles, la chaleur et la pollution… ce matin : démarches administratives  (la seule contrainte un peu désagréable du voyage) auprès de l’ambassade du Burkina Faso  et toujours les mêmes attentes, et les mêmes désagréments : on nous fait revenir l’après-midi : mais là  dommage ! , ils se sont trompés, nos visas ne sont pas conformes et donc …il faut attendre encore : tout le personnel est en réunion !...patience, patience, patience !! on décide de passer une nouvelle nuit à BAMAKO mais en changeant de crèche.

On tombe sur un endroit vraiment super –style camping auberge tenue par 1 français et une suisse (Niko et Fanny)- vraiment très agréable – bonne ambiance – déco agréable- idéal pour le farniente et le repos :des nattes, des poufs, des canapés partout sous des tonnelles cerclées de végétation, de  la bonne musique et en plus comble du luxe, la wifi ….

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F : Samedi 7 : nous allons chercher des billets pour aller voir  un concert qui aura lieu ce soir –j’ai oublié le nom déjà-mais il parait que c’est super….je vous dirai demain.

Aprem : nous échangeons des infos avec les gens du camping, notamment Jacques, il fête ses 65 ans ce soir et parcours l’Afrique depuis le mois d’octobre en 2CV. Franchement au fur et à mesure de nos rencontres, nous nous rendons compte que nous sommes dans une catégorie de voyageurs vraiment très raisonnables avec notre Toy parfaitement équipé et notre rythme cool. Pour en revenir à Jacques, il nous conseille sur les réserves les plus intéressantes à visiter, puis apprenant que je cherche à me procurer un 2CV à mon retour, se met en devoir de me faire un cours complet sur le sujet allant jusqu’à me montrer par le détail le catalogue de pièces détachées…Bernard s’échappe pour aller voir le match de rugby.

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B : Dimanche 8 : « Un dimanche à Bamako … » l’air de Amadou et Mariam résonne dans nos têtes encore un peu embrumées par le concert de la veille … Il faut dire que 12 musiciens déchainés dans une petite salle surchauffée, ça donnait !   (F : ce que Bernard ne vous dit pas c’est que malgré ça, il a réussi à s’endormir par 2 fois lors du concert !-idem Joana au concert des STOMPS !) Nous partons vers le Burkina, quittant à regret cette auberge douillette mais très heureux de fuir la pollution, les moustiques, la chaleur et les toubabs revendeurs bidouilleurs de voitures. Plus nous descendons plus la route est verte et arborée, les champs cultivés. Nous nous arrêtons quelques kilomètres avant la frontière pour bivouaquer aux chutes de Farako. Grand nom pour cette petite cascade mais très agréable quand même bordée de superbes manguiers bien plus hauts que nos chênes d’Itxassou !

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B : Lundi 9 : Nous quittons le Mali avec un gag bien local : le gendarme à la sortie, en quête d’un billet facile, me demande absolument tous les papiers du véhicule, y compris le contrôle technique français !!! Quand on voit l’état des voitures qui circulent… Dès l’entrée au Burkina, l’ambiance change, il y a toujours autant de fonctionnaires, mais ils sont plus agréables, plus professionnels, nous interrogent assis derrière des tables et non pas vautrés sur une chaise longue, le bâton entre les dents et le regard hautain. Nous décidons d’aller en pays Sénoufo, à côté de la frontière de la Côte d’Ivoire et nous prenons donc une piste plein sud à hauteur de Diéri . La piste est un véritable enchantement,

elle est belle, large, bordée d’arbres, les champs aux alentours sont cultivés, céréales, coton, rizières près des cours d’eau, mais surtout immenses plantations de manguiers, orangers et anacardiers. Grande production locale, la noix de cajou fait vivre cette région, prenant la place des mangues sur lesquelles il y a beaucoup plus de pertes (elles arrivent à maturité en même temps) et de concurrence. Nous sommes au début de la période de production et les arbres sont couverts de ces beaux fruits à la protubérance étonnante. Tout le long, des villages peuplés d’innombrables petits greniers ronds et étroits recouverts d’un chapeau de paille pointu posé de guingois. Des groupes de femmes rassemblées autour d’innombrables feux de bois font griller les noix de cajou et en extraient aussi de l’huile pour faire du savon. Les enfants, toujours par groupes d’âge s’égosillent à notre passage « Babou, Babou !!!! » diminutif affectueux de Toubab, avec de grands gestes et d’immenses sourires. Pas un seul d’entre eux ne nous demande un cadeau. Arrivés à Sindou, nous découvrons un site incroyable de centaines de pics de grès rouge en forme de cheminées de fées, formant un massif de 5 km sur 1 km. Nous partons visiter avec Papa, guide local passionné et passionnant surtout quand il nous parle de la religion animiste qui caractérise ce peuple des Sénoufos, l’initiation des jeunes garçons lors des retraites en groupe dans ces pics, une semaine par an pendant 9 ans, les cérémonies des masques, la mort du vieux griot la semaine dernière. Il nous explique aussi les plantes, nous fait découvrir l’extraordinaire saveur du fruit de l’anacardier, support de la noix de cajou, dont ils ne font rien ( !)…

 

Une fois redescendus nous discutons plus longuement avec Thiémoko, le responsable des guides, qui nous fait découvrir quant à lui, son extraordinaire combat personnel contre l’analphabétisme, l’exclusion, les épidémies… au travers de l’association qu’il a créée et à laquelle il consacre toute sa vie, son intelligence et sa fougue. Nous vous renvoyons à la rubrique spéciale que nous allons consacrer à son activité et au soutien que nous allons essayer de lui apporter. Fafa décide que ce sera lui qui recevra les fournitures scolaires préparées par l’école Saint Joseph d’Itxassou avant notre départ et rendez-vous est donc pris à 20 h pour rencontrer les 46 enfants dont il s’occupe. Nous suivons Thiémoko et sa mobylette qu’il manie avec habileté dans le sable des pistes du village et nous arrivons à sa maison de’vant laquelle, à la lueur de 3 néons bien faibles, les enfants regroupés par classe d’âge, ânonnent en apprenant les leçons du jour : le pronom démonstratif, les différents états de l’eau, l’appareil digestif …Thiemoko en effet assure tous les soirs cette étude de deux heures entre 19 et 21 heures, mais aussi fait dormir ceux qui habitent trop loin, les présente aux examens, les vaccine …. Les enfants viennent nous saluer avec beaucoup d’égards et de respect et repartent à leurs bancs travailler dans le plus grand sérieux. Nous leur parlons de cette école d’Itxassou avec les mots les plus simples que nous puissions trouver mais il est difficile d’imaginer comment ils ont pu interpréter notre présence et nos paroles. Nous avons remis à Thiemoko les fournitures et au plus grand, le ballon de foot des Girondins, charge à lui de le gonfler avec la pompe à vélo de son grand frère. Nous dormons dans le campement en cours de réalisation par l’association, au pied des pics.

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F : Mardi 10 : Nous allons visiter les villages avoisinants : un village de Kaouara spécialisé dans les poteries : nous demandons à une femme de nous en montrer la fabrication ; en un rien de temps et sans tour évidement elle exécute devant nos yeux un pot d’une rondeur et d’un équilibre parfaits ; nous craquons, achetons un beau pot de terre que l’on aura bien du mal à caser dans nos bagages. L’après midi nous montons dans les falaises par plus de 40° pour aller voir un village troglodytes de type Dogon du XVIII ème s. vraiment fantastique (désolée Bernard d’emprunter tes superlatifs , mais là je ne trouve pas d’autres mots .

 

Nous passons une agréable soirée de nouveau avec Tiémoko, mangeons des frites de patates douces et des spaghettis (bon d’accord c’est pas très équilibré…mais on n’en est plus trop à se poser ce genre de questions !)

 

B : Mercredi 11 : nous pensons beaucoup  à la maman de Bernard qui vient de subir une intervention mais que nous avons un peu de mal à joindre au téléphone.

Une dernière matinée avec Tiémoko qui nous fait visiter son village par le détail, nous donnant mille explications passionnantes sur l’organisation de l’ethnie Sénoufou à laquelle il est fier d’appartenir. Les enfants de son association «  Terre des Enfants » nous remettent des dessins qu’ils ont réalisés à l’intention des enfants de l’école de St Joseph d’Itxassou ; Nous espérons que cette prise de contact puisse être le début d’un lien durable et bénéfique ; Il nous tarde déjà de montrer les photos et d’expliquer un peu ce que nous avons vu à nos petits enfants français (euh, ! pardon , basques !) Nous nous séparons, conscients d’avoir vécu un grand moment d’échange et d’amitié. Nous formulons déjà le vœu de revenir (t’as raison Baptiste, le Burkina c’est un pays vraiment super ! ) ; Nous pensons aussi à nos amis et amies  qui apprécieraient sûrement de faire un petit treck dans le coin : Danielle, Jeanine, etc..Bon enfin nous quittons SINDOU avec plein d’idées en tête… à suivre !

L’après midi : nous nous rendons à Banfora : mangeons du bon poulet en sauce dans un petit resto (5 € pour les 2) allons nous baigner dans les cascades de Karfiguela (je me baigne toute habillée je n’avais pas pris mon maillot mais c’était finalement super parce que cela a bien décrassé mes habits pleins de latérite).

Nous finissons la journée au bord du lac de Tengrela: âpre négociation pour négocier avec le piroguier qui devrait nous amener voir les hippopotames au lever du jour. Nous nous affermissons de jour en jour et nous spécialisons dans les négociations : Bernard gérant celles des guides, administrations et services divers, moi, dans celles des achats au marché : tomates, carottes, etc…

Grande première : nous avons acheté  une bouteille de PASTIS SAHARA ( moins de 3 € le litre ) ce soir avec les noix de cajou en plus c’est la Teuf ! mais les moustiques aussi sont de la partie…

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