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Notre voyage vers le bénin en passant (en principe) par le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali , le Burkina, le Niger et le Togo. Nos rencontres, nos émotions, notre vie au quotidien ...

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L'histoire de Thiémoko

Tiémoko a aujourd’hui 36 ans, il a une seule femme (sur quatre autorisées) et deux garçons de 2 et 7 ans. Il vit à Sindou, dans le sud-ouest du Burkina Faso à quelques kilomètres au nord de la Côte d’Ivoire et à l’est du Mali. Il fait partie de l’ethnie Sénoufo, en est très fier et participe le plus possible à la mise en valeur et à la sauvegarde de ses coutumes et rites animistes.

Tout petit garçon, son papa, paysan pauvre bien que d’origine noble, l’envoie en brousse garder les chèvres. Même si l’école est théoriquement gratuite, il n’a pas en effet les moyens de subvenir aux dépenses d’un écolier et puis,  il faut bien que quelqu’un garde les chèvres. Tiémoko a des amis qui ont la chance eux d’aller à l’école et qui lui parlent du biscuit que chaque jour l’instituteur distribue aux élèves. Alors il s’approche avec son troupeau de l’enceinte interdite et écoute tant qu’il le peut les leçons par les fenêtres. Les brebis souvent en profitent et s’échappent, ce qui vaut à Tiémoko de très sévères corrections de la part de son père. Mais rien n’y fait et il revient chaque jour vers l’école. L’instituteur qui remarque sa vive intelligence, décide d’aller voir son père pour obtenir qu’il laisse aller son fils à l’école. Peine perdue, celui-ci refuse. L’instituteur propose alors de prendre l’enfant chez lui et de subvenir totalement à ses besoins. Le père accepte et Tiémoko suit brillamment le CE1, le CE2, puis enchaine sans problème le CM1 et le CM2. Malheureusement, l’instituteur est muté et Tiémoko doit revenir chez son père garder les chèvres. Le goût de la lecture est maintenant cependant bien ancré chez lui et désormais il gardera les chèvres en lisant tous les auteurs africains qu’il pourra dénicher en courant les maigres bibliothèques locales. Ce sera sa formation, et quelle formation… ! Quand on lit aujourd’hui ses écrits, on les croirait issus de la plume d’un normalien, on l’écouterait parler des nuits entières sur « ses enfants »,son village, son peuple.

Les années passent et déjà adulte depuis longtemps, le ministère du tourisme décide de classer le site des pics de Sindou. Compte tenu de son origine noble … il lui est proposé d’en prendre la responsabilité moyennant une commission sur les visites. Tiémoko accepte avec plaisir ce nouveau statut et passe ses journées à faire partager aux visiteurs son enchantement pour les pics. Un jour, alors que l’un de ses amis est sur le point de mourir de la méningite, il sert de guide à un médecin. Celui-ci accepte d’essayer de le soigner et le sauve. Tiémoko demande combien les médicaments ont couté : réponse, 8000 F CFA soit environ 12 €. Sidéré devant la modicité de la somme suffisant à sauver la vie d’un homme, il décide alors de négocier auprès du ministère du tourisme dont il dépend, qu’un pourcentage des recettes des pics revienne au village pour mener des actions sociales. Il soigne ainsi dans un premier temps les malades de la méningite puis très vite considère qu’une action à long terme ne peut s’inscrire que dans un préalable éducatif. L’élément déclencheur est alors la guerre en Côte d’Ivoire et son flux important de réfugiés dont un certain nombre d’enfants orphelins dont les familles ont été massacrées. Il crée alors l’association : « Soutrala Terya » c'est-à-dire « Terre des enfants » pour aider les enfants les plus démunis à suivre au moins dans un premier temps leur parcours scolaire dans les moins mauvaises conditions, c'est-à-dire : les accueillir le soir chez lui, autour de tables et d’un éclairage de fortune, pour une étude de deux heures entre 19 et 21 heures, loger ceux qui habitent le plus loin, payer tous les frais inhérents à leur scolarité, les inscrire aux examens et demandes de bourse, les vacciner, leur acheter des chaussures …. Aujourd’hui ce sont 46 enfants de 5 à 14 ans qui ont la chance d’être aidés par Tiémoko et son association. L’association est financée par ses 12 membres du village qui donnent chacun 5000 F CFA par mois (le SMIC local est à 35 000 F CFA). Par ailleurs, elle a mis en place un système de parrainage ouvert aux étrangers, dont 5 enfants bénéficient actuellement, à raison de 10 € par mois.

Aujourd’hui, l’objectif de Tiémoko est d’accroître les ressources personnelles de l’association au moyen d’activités nouvelles. Un campement pour les touristes est ainsi pratiquement terminé au pied des pics (les cases sont construites, reste maintenant à les équiper), Tiémoko et ses amis guides ont mis en place des programmes touristiques originaux et passionnants (treks de 1 à 2 semaines, découverte du pays pendant 5 jours à mobylette, initiation à la poterie et à la pharmacopée traditionnelle, …) avec logement chez l’habitant, les filles les plus grandes teignent des pagnes autour de l’imagerie des pics pour les vendre aux touristes … Ces activités existent déjà et ne demandent qu’à recevoir un petit coup de pouce. Mais beaucoup d’autres projets germent et murissent dans sa tête, pour son association mais aussi pour son village… Voilà pourquoi nous avons décidé :

-         d’essayer de promouvoir un échange entre ces enfants et l’école Saint Joseph d’Itxassou, ouverte à une expérience de ce type.

-         d’essayer d’aider Tiémoko dans la résolution de certains problèmes matériels et techniques immédiats comme la mise en place d’un éclairage un peu plus puissant et autonome pour sa salle d’étude extérieure (il faut faire 70 km toutes les deux semaines pour aller recharger les 2 batteries)

-         d’essayer de réfléchir avec lui sur l’aboutissement de certains projets immédiats (finaliser le campement) ou à plus long terme (reforestation et dépollution du village…)

Alors, si vous avez envie de nous aider et de rencontrer un peuple et un pays formidables, parlons nous…

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